octobre 21

Boire et déboirs

le verre de l’amitié!

Les quatre amis se serraient derrière le comptoir. Ils s’étaient passé le mot pour se retrouver dans ce bar de nuit. Justine avait imaginé y venir seule avec André, mais Etienne et Sofian avaient rappliqué sans crier gare. Justine était venue récupérer un objet qu’elle avait oublié le weekend précédent. Elle s’en voulait beaucoup d’être à ce point tête-en-l’air et irresponsable.

— On trinque vite fait? proposa Justine en se tournant d’abord vers Etienne. Puis elle entrechoqua son verre contre celui de Sofian. André tendit son verre de jus d’orange.

Ils avaient moins de vingt-cinq ans et se voyaient régulièrement dans ce bar d’étudiants.

— A la vôtre ! entonnèrent-ils tous en choeur.

Justine reposa son verre sur le zinc.

— On ne va pas pouvoir rester très longtemps, dit-elle. On n’est que mardi et il est déjà tard… Une fois que j’aurai parlé à Amir, qui travaille ce soir, je m’en vais. On m’a dit qu’il serait là d’ici une demi-heure.

— Bah, il n’est que huit heures expliqua Sofian le plus vieux du groupe. Il dévorait Justine des yeux et n’avait pas un regard pour les deux autres. Arrête de culpabiliser !

— Oui, mais les vacances sont terminées!

— Moi, je reprendrais bien un verre lança Sofian. Je t’en offre un, Justine. Puis, il se rattrapa et balbutia en rougissant : à vous autres aussi bien sûr! Allez ! tournée générale!

Ils burent en silence et papotèrent tranquillement, quand un homme entra. Il portait un équipement de motard, un casque pendait à son bras.

— Amir! s’exclama Justine.

Amir ôta ses gants de cuir et serra la main de chacun des amis.

—Est-ce que par hasard, demanda Justine, tu n’aurais pas retrouvé le doudou de mon fils? Il l’a oublié la dernière fois qu’on est venu!

—Le petit lapin en peluche? Oui, je l’ai trouvé sous une banquette, je vais te le chercher.

Le serveur revint quelques minutes plus tard et tendit le doudou à André.

Le petit garçon serra la peluche contre son torse.

— On va se coucher, maintenant, maman?

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septembre 9

Suivre les papillons

L’appel de la forêt…

Le chien, le museau en l’air, suit le papillon. Il fait frais sous le couvert des arbres. Quelle bonne idée de se rendre en forêt!

Nous sommes trois à suivre le sentier : un invité et sa copine, que je ne connaissais pas. Ils ont voulu « aller ramasser des trucs en forêt ». (Le chien m’appartient, mais il refuse de m’obéir tant sa poursuite du lépidoptère le fascine).

Nous voilà donc partis en file indienne dans des bois denses et un rien sauvages. Nous serpentons dans un ordre tacitement défini, c’est-à-dire avec ma personne en tête: je suis censée connaître cette forêt comme ma poche.

Nous progressons ainsi pendant presque une heure. Soudain, je ne retrouve plus le sentier qui me servait de repère. Il s’est transformé en zone d’exploitation pour de jeunes arbres.

— Hercule, au pied!

Mon chien me regarde comme si je le menaçais de lui donner la ration du hamster en guise de pâtée. (Ces deux-là n’ont jamais pu s’entendre).

Les papillons se pressent autour de nous, évitant néanmoins le chien qu’ils devinent habité d’intentions malhonnêtes.

— Heu, tu es sûre que c’est par là? demande André, dont les poils sur ses bras se hérissent.

Le froid? La peur?

Je fronce les sourcils.

— Il me semblait bien que c’était par là… il faut faire demi-tour.

Par réflexe, je consulte mon téléphone portable. Pas de réseau. Presque plus de batterie. D’accord.

Nous marchons encore pendant plus d’une heure, quand soudain Hercule aboie et se précipite droit devant.

— Il a dû sentir encore des papillons! s’exclame André. Je ne crois pas que ça va faire avancer nos affaires…

— Moi, je pense qu’on devrait le suivre, intervins-je. Le mieux, c’est d’aller tout droit. Toujours tout droit. On va bien finir par tomber sur quelque chose!

Enfin, nous arrivons à la lisière du bois, là où la réapparition du bitume revêt une signification extrêmement gratifiante: nous ne nous sommes pas perdus, j’ai réussi à mener ma petite troupe à bon port. Quelle frayeur!

— C’est quoi cette odeur? demande Romane, une fois dans la voiture.

Je me penche en avant, côté siège passager. Un sac en plastique que j’avais oublié là semble animé de vie.

— La vache! c’est un sac de croquettes pour hamster périmées. J’ai oublié de le jeter! Ouvre-le, pour voir, André.

André soupire et se penche, pas très rassuré. Il dénoue délicatement les lanière en plastique. Une nuée de papillons colorés émerge du sac et s’échappe par les fenêtres ouvertes.

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août 24

Par la fenêtre

Une fenêtre, c’est toujours un émerveillement !

C’est l’après-midi. Un après-midi terne d’un dimanche ennuyeux. Je m’étire et me grandis, mais je me sens à l’étroit chez moi, quoi que je fasse. Mon regard dévie vers la fenêtre. Cela me rappelle ce tableau de Salvador Dali, la Jeune fille à la fenêtre. Mais point de mer ici, juste la ville qui arbore sa tenue d’été finissant : trottoirs déserts, arbres gonflés de feuilles, musique hip-hop d’une bande de jeunes qui s’amusent comme ils peuvent.

On ne peut pas dire qu’il fasse chaud, juste un peu lourd. J’ouvre la fenêtre. Un moineau, dérangé, s’envole en piaillant. Au bout de son bec pend un ver de terre. En bas, une petite mamie avec son corgi attend le bus. L’animal dans un sac sort son museau de renard, la gueule ouverte et la langue pendante. Une moto passe sous ma fenêtre. Ses pétarades dérangent comme si c’était la nuit.

Tout à coup, la rue se tait, se tient coite. La ville prépare un mauvais coup, comme un enfant de quatre ans laissé seul dans une grande maison. Un effluve de kérosène s’élève du sol. Les nuages resserrent les rangs, prêts à parer à toute éventuelle attaque. Il ne reste qu’un seul humain dans la rue, un trentenaire fluet portant un casque audio et lancé dans une chorégraphie étrange et décalée. Il fait soudain plus sombre.

Cette journée ne finira donc jamais?

Je jette un coup d’oeil à mon téléphone: aucun message reçu, aucun appel en absence. Même pas une petite notification sur les réseaux sociaux. Le ciel s’assombrit encore quand soudain le ciel explose. Un ou deux coups de tonnerre suivis d’un déluge zébré d’éclairs sporadiques.

Puis plus rien.

Je soupire et ferme la fenêtre avant de retourner à mon fauteuil. Un dernier regard vers l’extérieur.

Tiens, un arc-en-ciel!

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