août 1

Les 4 qualités d’un bon bêta-lecteur

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Entre l’idée de départ et la version définitive de son livre, il existe tout un processus et des étapes incontournables à respecter. Faire relire et examiner son livre par autrui constitue une de ces étapes, appelée « bêta-lecture ».

Qu’est-ce que la bêta-lecture?

La bêta-lecture est une pratique qui consiste à faire relire son livre par un lecteur choisi spécialement pour cette mission. Il peut s’agir d’un de vos proches, d’un complet inconnu, ou encore d’un professionnel. Voici quelques conseils pour bien le choisir.

Choisir un bon bêta-lecteur

Votre bêta-lecteur idéal devra avoir l’habitude de lire. S’il n’a rien lu depuis le lycée, il lui manquera les compétences pour analyser votre texte, vérifier la cohérence des personnages, relever les incohérences. La pratique de la lecture aiguise le regard et permet, grâce au jeu des comparaisons, d’avoir un esprit plus critique.

La bêta-lecture requiert du temps et des efforts. Vérifiez bien que votre bêta-lecteur est près à s’engager dans cet effort afin de vous offrir un retour de qualité.

Proche ou pas proche?

Inutile de solliciter des proches mais qui accepteraient « de vous donner un coup de main ». En réalité, ils n’ont que faire de votre livre, mais il pourraient se montrer flattés par votre demande ou n’oseraient pas vous dire non.

Je sais qu’il est très tentant de se tourner vers des proches, après tout ils vous connaissent bien et vous les connaissez, peut-être même lisent-ils beaucoup (qui se ressemble s’assemble, n’est-ce pas?) Une aubaine, pensez-vous. Je peux vous dire par expérience que c’est un mauvais calcul. Vos proches vont avoir du mal à vous donner un avis objectif. Ils vont la plupart du temps trouver votre livre « formidable ». D’accord. Mais encore? Vous voulez améliorer votre texte ou recueillir des éloges? Certes les compliments font plaisir, mais qu’en sera-t-il quand un blogueur inconnu ou un lecteur lambda relèvera toutes les incohérences de votre bébé? Ça c’était à voir AVANT la publication!

Alors je sais qu’il y a des exceptions: Stephen King se fait relire par sa compagne qui ne lui passe rien. A vous de voir si dans votre entourage il y a quelqu’un de suffisamment objectif pour vous relire…

Un bon bêta-lecteur est un lecteur ciblé

Idéalement, votre bêta-lecteur devra lire dans le genre que vous écrivez (inutile d’envoyer une romance à un bêta-lecteur qui ne lit que de la SF, par exemple). Si,en plus, il a une bonne expérience de lecture dans le genre que vous lui soumettez, il saura quels sont les codes de ce genre, et ce que les lecteurs en attendent et sont en droit d’exiger.

La communication, un outil de plus dans l’arsenal du bêta-lecteur

Votre bêta-lecteur doit être capable de s’exprimer par écrit, pour vous rendre des notes exploitables. S’il ne maîtrise pas un minimum ce mode de communication, il ne sera pas en mesure de rendre un travail objectif, clair et argumenté. Ses remarques doivent être précises, et vous pousser à retravailler votre texte dans le détail grâce au relevé des problèmes particuliers. Souvent, il vous fera ses commentaires par email, ou directement dans le texte, l’idéal étant les deux. Les annotations dans le texte doivent être le plus détaillées possibles. L’Email aura pour fonction de donner une impression d’ensemble.


juillet 27

Libérez votre créativité: les 3 exercices phares du livre de Julia Cameron

S’il y a bien un livre qui parle aux auteurs dont je fais partie, c’est bien celui de Julia Cameron, Libérez votre créativité, considéré comme la bible des artistes.

Dans ce livre, l’auteure nous convie, nous les artistes, à reconquérir notre créativité en levant les blocages qui, souvent, nous ont fait renoncer à nos rêves.

Elle propose des exercices étalés sur plusieurs semaines pour redécouvrir notre enfant-artiste et lui donner enfin la permission de s’exprimer, quel que soit le canal.

Peut-être l’avez-vous lu, mais avez-vous fait les trois exercices que l’auteure préconise dans ses leçons? Car Julia propose, en plus des exercices qui émaillent les semaines, de se livrer à trois pratiques récurrentes afin de partir à la reconquête de sa créativité.

Voici un petit rappel de ces trois exercices, que vous pouvez faire également si vous n’avez pas lu le livre (mais que je vous recommande de vous procurer par ailleurs).

Les pages du matin

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Julia recommande dans son livre de se livrer à cet exercice chaque jour. Mais de quoi s’agit-il?

Il s’agit pour tout auteur ou artiste de pratiquer un exercice d’une durée de trente minutes à peu près, qui consiste à rédiger à la main trois pages au saut du lit.

Ces pages n’ont pas vocation à être des pages structurées et élaborées. Il n’est pas question ici de se mettre à écrire une histoire ou quoi que ce soit de construit (bien que cet exercice m’ait permis de trouver de nombreuses idées pour mes oeuvres!). Ici, le but visé est de remplir ces pages au fil de la plume, sans trop réfléchir. L’objectif est de coucher sur le papier ce qui vient à la conscience, comme cela vient. De la même manière, Julia recommande de ne pas se soucier de l’orthographe ou de la grammaire.

Les pages peuvent être belles ou plaintives, ou mettre en lumière un problème récurrent. Elles se révèlent parfois banales (« Que vais-je manger à midi »? ) ou plus profondes et analytiques (« Pourquoi mon personnage de Lisa ne fonctionne pas dans ma nouvelle? »). Quoi qu’il en soit, grâce aux pages du matin, il est rare qu’un problème ne trouve pas sa solution.

Vous rédigerez donc ces trois pages chaque matin, idéalement sept jours sur sept, sans les relire. (Mais vous pourrez les relire plus tard pour noter les redondances, les points qui vous obsèdent et découvrir là où « ça coince »)

Il ne vous reste plus qu’à vous procurer un joli cahier ou, si vous êtes comme moi (je rédige ces pages depuis des années!), sur des feuilles quadrillées d’étudiants.

Le rendez-vous d’artiste

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Cet exercice de créativité consiste à s’octroyer une pause de deux heures une fois par semaine pour un temps de découverte et de renouvellement créatif. Un temps qui sera distrayant et pas forcément cher. La visite d’une église, une longue promenade en forêt, un magasin de bricolage, un concert, un musée, etc.

Ces rendez-vous vous feront expérimenter la résistance. Julia conseille d’inscrire ce rendez-vous dans un agenda et de ne pas y déroger. Il est également question de s’y rendre seul.

Ces rendez-vous visent à « remplir le puits ». La pratique créative est exigeante et nous fait vider le puits. Il nous faut accueillir de nouvelles images, de nouvelles sensations, de nouvelles idées pour que notre création soit plus riche et renouvelée. Voilà la fonction de ce second exercice de créativité.

La marche quotidienne

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Ce dernier exercice vise à trouver de nouvelles idées, à chercher des solutions. Il s’agit de partir pour une marche de 20 minutes, à raison de deux fois par semaine.

Julia confie dans un autre de ses livres qu’elle part ainsi tous les jours marcher, avec ses chiens, et que ce rituel lui est très bénéfique.

Comme le disait Diogène, « Solvitur ambulando », « C’est en marchant qu’on trouve la solution ».

Que diriez-vous d’essayer de mettre tout ceci en pratique? (Et n’hésitez pas à faire part de vos expériences dans les commentaires!)

juillet 26

Le Principe de l’Homme des cavernes

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Savez-vous pourquoi la télévision et la radio n’ont pas tué le théâtre? Et pour quelle raison nous préférons aller à l’université plutôt que suivre des cours en ligne? Savez-vous ce qu’est le Principe de l’Homme des cavernes?

Alors que le télétravail n’a jamais été aussi populaire – actualité oblige –, nous ne sommes peut-être pas encore tout à fait prêt à laisser le tout-numérique prendre possession de notre vie!

J’aime beaucoup lire des articles scientifiques pour mes recherches. Découvrir où en est la science et ce que sera notre monde dans cinquante ou cent ans.

Je suis récemment tombée sur un texte qui explique le Principe de l’Homme des cavernes et je tenais à faire un billet de blog sur le sujet. Suivez-moi et vous saurez pourquoi le cerveau de l’homme du XXIème siècle n’a guère évolué depuis cent mille ans!

Le Principe de l’Homme des cavernes, qu’est-ce donc?

Nos ancêtres de la préhistoire, ceux dont l’apparence était semblable à la nôtre, sont apparus en Afrique il y a plus de cent mille ans. Depuis lors, les scientifiques ont établi que nos cerveaux n’ont guère évolué. Contrairement à la technologie, à la High Tech.

A l’époque de la préhistoire, nos ancêtres avaient un rapport au réel bien plus « tactile » et primitif. Quand il partait à la chasse, l’homme des cavernes pouvait constater de visu si son butin était correct ou pas. A l’époque, il n’était pas question uniquement d’en parler ou de faire appel à l’imagination.

Quand il rencontrait un problème avec quelqu’un, un bon tête-à-tête était toujours la solution.

La situation de l’homme moderne

L’homme moderne réagit de la même manière. Nous avons inventé des ordinateurs si puissants que notre simple smartphone possède une puissance informatique inégalée. Malgré tout, nous continuons d’imprimer des données pour les avoir sous les yeux, et sentir le papier sous nos doigts.

De même, aucun fichier numérique ne remplacera jamais notre groupe de musique préféré sur une vraie scène, avec les instruments, les corps en train de transpirer sous les spots et l’ambiance créée dans la salle avec les autres spectateurs.

De même, les vrais voyages ont toujours le vent en poupe alors que des photos et des DVD permettent de recréer et de visiter des lieux quasiment à l’identique.

Alors oui, avouons-le, la plupart des réunions dans le monde de l’entreprise n’ont rien de bien passionnant et pourraient se tenir à distance. Pourtant nous nous y rendons, car la confrontation physique, la rencontre avec les membres de notre équipe « en vrai », demeurent essentiel à notre cerveau pour qui le langage corporel est essentiel à la communication.

C’est cela le Principe de l’Homme des cavernes: nous pensons, ressentons et réagissons avec un cerveau primitif qui n’a pas changé depuis 100 000 ans!

Le Principe de l’Homme des cavernes, un concept vraiment intéressant à prendre en compte pour écrire de bonnes histoires de SF!

juillet 22

Comment préparer une histoire?

Cela fait plus de vingt ans que j‘écris des histoires. Au début, je connaissais certaines choses sur l’écriture (grâce à mes études), mais personne ne m’avait expliqué comment faire pour écrire de façon professionnelle ni comment préparer une histoire. A l’époque, Internet n’existait pas, et il existait peu de livres sur le sujet. Je me suis procuré tous ceux qu j’ai pu trouver, et j’ai prix également quelques cours (par correspondance, et les « devoirs » étaient envoyés et retournés corrigés par la Poste!).

Préparer une histoire, ce n’est pas si compliqué!

Aujourd’hui, je peux dire que les infos ne manquent pas, même si en France il n’est pas vraiment possible de trouver des cours officiels qui forment au métiers d’écrire (contrairement aux Etats-Unis, par exemple, où il existe des cursus d’écriture à l’université).

Dans ce billet, ma tâche sera de vous exposer les meilleures techniques pour apprendre à préparer une histoire, afin que vous puissiez vous concentrer sur l’essentiel et gagner du temps.

Votre boîte à outils

Voici donc notre première étape, cruciale. Je pars de l’hypothèse que vous avez déjà une idée de roman ou de nouvelle. Dans cette phase, il s’agit de vous poser quelques questions pour ne pas vous retrouver « coincé » au bout de trois chapitres, en proie à l’angoisse de la page blanche.

Dans votre boîte à outils, il devrait y avoir:

  • La figure du protagoniste et celle de l’antagoniste
  • Une liste de personnages, avec leurs noms
  • La structure de votre histoire
  • Les recherches en cours et celles à effectuer
  • Une esquisse des scènes
  • Une ébauche de ce que sera votre climax

Examinons chacun de ces éléments l’un après l’autre.

La figure du protagoniste et celle de l’antagoniste

Une histoire se définit par quelque chose qui arrive à quelqu’un. Ce quelque chose doit être important pour lui et difficile à obtenir. L’intrigue naît de cette difficulté et de l’affrontement de ce quelqu’un (le protagoniste) contre des obstacles (incarnés par l’antagoniste).

Toute l’histoire doit se résumer à : « Est-ce que mon protagoniste va réussir sa mission? » Il est essentiel de vous poser cette question au moment de préparer votre histoire.

Le protagoniste est le personnage principal, l’antagoniste est l’opposant (le « méchant » ou une force antagoniste qui peut être psychologique et incarnée par les failles du protagoniste. (Ex: « Je rêve d’être un homme politique, mais je suis tétanisé à l’idée de prononcer des discours ». Votre antagoniste sera cette peur, que votre protagoniste devra vaincre pour réussir (ou rater) sa mission.

Une liste de personnages

Préparer une histoire, c’est aussi commencer à ébaucher une liste de personnages. Pour les imaginer, fiez-vous au contexte.

Par exemple, si votre histoire se déroule dans une menuiserie et que votre protagoniste est un jeune apprenti, demandez-vous qui gravite autour de lui, de manière naturelle. Il aura certainement un maître d’apprentissage, des collègues, une famille. Le maître d’apprentissage aura peut-être une fille de son âge. Peut-être que votre héros l’aimera en secret?

La structure de votre histoire

Ici, il convient de poser les grands jalons.

Vous connaissez sans doute la règle des trois actes au théâtre. La dramaturgie n’a guère changé depuis Aristote. Une roman comporte généralement trois parties. Pour bien commencer une histoire, il est essentiel de poser des jalons.

  • La première partie, ou exposition
  • La deuxième partie, ou développement
  • La troisième partie, ou conclusion

La première partie

Cette partie débute par l’exposition d’un protagoniste dans son quotidien, dans sa normalité, sans tension dramatique. Puis un événement (l’incident déclencheur) vient tout bouleverser et c’est le moment où l’intrigue se noue. Votre personnage peut alors se lancer dans sa quête et se transformer. C’est le début de…

… la deuxième partie

C’est la plus longue. Votre protagoniste va subir une succession d’épreuves qui doivent le mener vers un point où tout semble désespéré, où les forces antagonistes sont trop fortes, ce qui provoquera son abandon temporaire. Mais un espoir résiduel nous mène vers …

… la troisième partie

C’est le temps de la fin, quand votre protagoniste va se relever et se confronter lors du climax à son opposant (ou « méchant de l’histoire »), ce qui conduira votre histoire vers son dénouement.

Une fois votre structure posée, avec vos personnages, il vous reste à effectuer les recherches indispensables

Les recherches en cours et celles à effectuer

Pour un premier roman, il peut être intéressant de situer votre intrigue dans un environnement connu, afin de simplifier les recherches. Vous êtes boulanger de profession et vous vous voudriez écrire de la SF? Pourquoi ne pas parler d’un boulanger dans une navette spatiale ou sur une autre planète?

Pour des recherches plus poussées, réservez-vous une bonne heure pour lister les recherches à effectuer puis n’hésitez pas à consulter:

  • Des spécialistes : vous seriez surpris de voir comme les gens raffolent de parler de leur métier, qu’ils soient pompiers, médecins ou gardes-forestiers. N’hésitez pas à les solliciter pour bien préparer votre histoire.
  • Des livres: inutile de tout lire cependant, parcourez la table des matières et allez là où l’info est pertinente pour votre projet.
  • Des DVD: vous aimeriez tout savoir sur la guerre du Vietnam? Il existe de très bons documentaires, disponibles également en bibliothèque.
  • Internet:alors là, le choix est vaste, et si en plus vous lisez l’anglais, le web vous fournira des tonnes de données. Attention à ne pas y passer huit heures par jour non plus!
  • Des forums et des groupes facebook:pour poser vos questions sur un point épineux, il y aura sûrement quelqu’un pour vous répondre.

A présent vous êtes mûr pour…

Une ébauche (rédigée) de ce que sera votre climax

L’idée, c’est d’écrire à l’envers. Vous pensiez qu’il fallait écrire les scènes de votre histoire dans l’ordre? Eh bien permettez-moi de vous détromper!

Vous devriez rédiger votre première scène APRÈS avoir rédigé votre scène finale! Je m’explique: toute votre histoire doit converger vers cette fameuse scène finale (ou climax). Cette scène, c’est le moment de vérité. Le moment où votre homme politique qui craint les discours va monter au pupitre et enfin parler. Le moment où votre héroïne de roman sentimental va enfin s’engager dans une vraie relation avec l’homme qui cherche à la séduire et qu’elle a toujours repoussé.

Avec en tête votre dénouement bien couché sur le papier, il ne reste plus qu’à écrire les scènes qui y mènent pour bien préparer votre histoire. De cette façon, vous ne dévierez pas, vous ne partiez pas dans tous les sens.

Quant à votre première scène, c’est la plus importante, celle que votre lecteur lira en premier. Il faut la soigner, et cela devient plus simple si vous avez déjà tout rédigé.

Esquisser les scènes

Il est des auteurs qui sont capables d’esquisser toutes les scènes de leur livre avant même d’écrire une seule ligne. Je ne suis pas ceux-là, c’est pourquoi je rédige d’abord un synopsis.

Rédigez un synopsis de quelques pages où figureront vos grandes articulations (voir plus haut, à la section « La structure de votre histoire »), puis vous pourrez dégager des scènes.

Une scène est la plus petite structure dramatique de votre histoire. Elle doit comporter une unité de lieu, de temps, et d’action.

Il est tout à fait possible de dégager les dix à quinze premières scènes de son histoire uniquement, et de les écrire avant d’ébaucher la suite.

Voilà, j’espère que ces quelques éléments vous permettront de sortir de la confusion qui saisit tout artiste à chaque nouvelle création.

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juillet 17

Que reste-t-il de Tchernobyl?

C’était il y a 33 ans. Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, a explosé.

Image par StudioKlick de Pixabay

J’étais très jeune, mais je m’en souviens encore. J’ai les images atroces encore en tête, je pense à la population de Pripyat et à ces 50 000 personnes qui vivaient à seulement trois kilomètres de la centrale et qui ont dû être évacuées, pour ne jamais retourner chez elles.

Cet épisode, j’avais envie d’en parler dans une histoire. Alors, j’ai écrit une nouvelle à chute, quelque chose qui évoque l’événement bien après la date de sa survenue.

Tchernobyl aujourd’hui

Aujourd’hui, je me demande ce qu’il reste de l’événement. Au début, les autorités n’ont pas compris l’ampleur de la catastrophe. C’est ce qui explique pourquoi il a fallu 36 heures après l’explosion pour commencer l’évacuation.

200 000 personnes au total auraient été évacuées, dans un rayon de 30 kilomètres du site.

Il va encore falloir des milliers d’années pour que la région redevienne habitable. Des éléments radioactifs ont été portés par le vent juste après l’explosion, et on a détecté du plutonium, du strontium, de l’iode et du césium jusque dans l’hémisphère nord.

Les effets sur la santé

Trois mois après l’explosion, 31 personnes sont décédées après avoir été exposées aux radiations.

Cinq ans plus tard, et sur une période de 25 ans on a rapporté 20 000 cas de thyroïde chez des jeunes de moins de 18 ans. Malgré tout, les décès par cancer n’a pas atteint le niveau craint initialement, comme le rapporte le NRC.

Des malformations congénitales ont été observées, mais sont restées modestes.

Les effets sur l’environnement

Un sarcophage en béton a été scellé autour du réacteur afin de contenir le rayonnement. L’efficacité d’une telle mesure fait débat.

La radioactivité infiltrée dans les sols et on trouve des tumeurs dans certaines plantes et champignons. Pourtant, il semblerait que la flore se soit adaptée en modifiant son ADN, pur devenir plus résistante.

la bonne nouvelle, c’est que la nature semble avoir repris ses droits malgré la radioactivité encore omniprésente sur le site de Tchernobyl: des lapins, des oiseaux, mais aussi des ours et des loups sont présents sur le territoire. Pour autant, certaine espèces présentent des anomalies et des malformations ou sont en sous-nombre par rapport à la normale.

Image by vieleineinerhuelle from Pixabay

De nouvelles mesures

Une nouvelle arche pour contenir la radioactivité et d’une hauteur de 92 mètres a commencé à être construite en 2010, pour remplacer la première qui se fissurait. Le chantier a été retardé par manque de fonds. C’est dans ce cadre que j’ai voulu situer ma nouvelle Un Couple ukrainien, qui fait partie d’un recueil.

L’histoire de Vika, un drame familial parmi tant d’autres, situé dans un océan de souffrances humaines et environnementales.

juin 24

Cet homme est un psychopathe! Créer un « méchant » crédible

Image par ErikaWittlieb de Pixabay

En tant qu’auteure, je suis fascinée par la psychologie, et en particulier par toutes ces petites et grosses déviances qui permettent d’enrichir la personnalité d’un personnage. S’il est assez facile de dresser le portrait du « méchant » dans une histoire, rien de bon ne peut sortir sans un minimum de recherche qui permet au personnage de « sonner juste ».

Pour mon dernier roman (bientôt disponible, inscrivez-vous à la newsletter pour connaître la date officielle de parution et obtenir une nouvelle gratuite), je me suis donc penchée sur ces individus qualifiés de « psychopathes ». Qu’est-ce qu’un psychopathe? Quels sont ses traits de caractère?

Psychoptahie: définition

Psychopathe, sociopathe, tueur en série, les termes ne manquent pas pour qualifier une personnalité plus ou moins perçue comme dangereuse. Pourtant, le terme revêt une signification bien précise, loin des films et des clichés.

Le psychopathe est une personne qui tranche par son comportement en apparence normal et sa remarquable capacité à n’éprouver aucune empathie, amour, culpabilité et sensibilité. Guidé par son seul plaisir, le psychopathe  a du mal à tisser des liens sociaux.

Les 5 signes qui permettent de repérer un psychopathe

  • Le psychopathe ne fait preuve d’aucune empathie et se montre et indifférent à la souffrance des autres, insensible.
  • Le psychopathe est narcissique et égocentrique. Le monde tourne autour de sa personne et il s’imagine et se considère plus intelligent que les autres. Il surestime ses capacités. Il est peu fiable et indifférent à l’opinion des autres, les rabaisse et les humilie. Il manipule et trompe l’autre sans aucun état d’âme.
  • D’un calme olympien, le psychopathe gère les situations stressantes avec décontraction et froideur.
     
  • Sûr de son charme, le psychopathe est le type même du séducteur et du beau parleur.
     

Dénué d’empathie, il n’éprouve aucun remords ni regret pour ses crimes ou pour la souffrance qu’il inflige aux autres.

Créer un « méchant » crédible

Voici quelques pistes pour créer un antagoniste psychopathe mémorable dans une oeuvre de fiction

  • Pensez aux personnes de votre entourage, et examinez ses défauts. Pouvez-vous accentuer son côté malsain et/ou vilain et l’imaginer dans votre fiction? Comment réagit-elle en gardant à l’esprit les points vus plus hauts?
  • Imaginez une scène du passé de votre personnage. Essayez de penser à son enfance, puis à son adolescence. Y a-t-il un événement terrible qui a représenté un tournant dans sa vie et modifié sa personnalité en profondeur?
  • Personne n’est ni tout blanc ni tout noir, même les psychopathes! Essayez de nuancer votre personnage. Quels sont ses bons côtés?

1-  Cernez votre type d’antagoniste : une personne ordinaire, une célébrité, un criminel notoire ? Examinez ses échecs  et ses faiblesses. Quel mal a-t-il fait ?

2- Etudiez le caractère de vos connaissances, en particulier leurs mauvais côtés. Quelles personnes seraient-elles si leurs faiblesses étaient exagérées et plus fortes que leurs traits positifs ?

3- Approfondissez le passé de votre vilain. Quels évènements terribles a-t-il subis et provoqués ? Certains antagonistes sont de simples fauteurs de troubles, d’autres sont des psychopathes. A quel niveau se situe le vôtre ?

4- Identifiez la source de ses actes : pourquoi en est-il arrivé là ?

5- Entretenez le suspense sur ses actes et sa possible évolution : la gestion des limites d’un personnage est toujours captivante pour le lecteur !

6- Nuancez le caractère de votre antagoniste : les vilains les plus intéressants sont les plus complexes. Une personnalité ambiguë ajoute de la profondeur et du réalisme. Réfléchissez donc à ses bons côtés.

7- Donnez-lui une voix et un physique distincts : travaillez précisément les dialogues pour faire mieux connaître cet antagoniste. Ses manières, son apparence et sa façon de parler sont autant d’éléments importants pour lui donner vie.

8- Examinez les différentes sources d’inspiration possibles, telles les antagonistes des films et des livres. Soyez critique envers elles, votre jugement sur votre création n’en sera que plus approfondi.]

juin 22

Finir, chuter, se relever

Image par Samuel F. Johanns de Pixabay

Je l’ai fait. Pour la énième fois je serai allée au bout de mon premier jet. Les cent vingt pages de rédigées en deux semaines. Pour aller au bout, tant il est vrai que ces premières versions servent à dessiner l’architecture de l’oeuvre, à découvrir l’histoire, les personnages et l’intrigue dans le concret.

Le livre n’est plus dans ma tête. Il existe et il est la somme de ces centaines de choix, de ces multiples décisions que j’avais faites en amont, au moment de l’ébauche et de l’écriture du séquencier.

Le vide s’est installé, brutal, après ces semaines de travail acharné. Un vide intense, difficile à accepter, impossible à meubler. Quelques jours où je suis « déboussolée » (mon Nord est indiqué par mon compteur de mots et le nombre de pages rédigées). J’en profite pour voir quelques amis (un peu négligés, je l’avoue, durant cette fièvre créatrice), et plus prosaïquement, mettre de l’ordre dans ma maison et de la nourriture dans mon frigo.

Enfin, depuis quelques jours, les affaires reprennent! De nouvelles idées viennent me visiter, la Muse a jugé que j’étais de nouveau fréquentable.

Finalement, comme l’écriture, la vie est faite de pleins et de déliés.

Catégorie : Ma vie d'auteur | Commenter
juin 1

Comment créer de très bons personnages grâce aux contrastes

Cette image est inspirante, n’est-ce pas? Pas seulement parce que je trouve cette femme et cette photo magnifiques, mais aussi parce qu’en tant qu’auteure, elle me fait penser à un éventuel futur personnage pour une histoire.

Du moins, c’est ainsi que j’aurais procédé par le passé: contempler cette photo et essayer d’imaginer la vie de cette femme, son passé et son présent, son métier, sa personnalité, sa condition, des bribes de son passé.

C’est un bon début.

Mais aujourd’hui, j’ai envie de créer des personnages en suivant une autre approche, une approche un peu éloignée de ma zone de confort littéraire.

Mes types de personnages préférés

Dans Au-delà de l’Horizon, j’ai voulu partir en exploration des différences. Différences de nationalités, différences entre espèces, différences entre les siècles. Mes figures féminines étaient du genre courageuses, vindicatives parfois, belles et audacieuses. Mes personnages masculins étaient plus torturés, souvent introvertis, timides, avec plus de difficultés d’adaptation.

Dans mon recueil de nouvelles, j’ai voulu mettre en lumière des personnages qui illustrent des thématiques variées, telles que la jalousie, l’indépendance, l’anticonformisme, l’intelligence poussée.

Comment j’envisage la suite

Aujourd’hui, j’aimerais mettre en scène dans mon prochain livre des personnages plus complexes, parfois pathologiques dans leurs relations, que ce soit entre eux, envers le sexe opposé ou envers leurs enfants. J’ai donc cherché à complexifier les relations pour que ça fonctionne. A dérouler le fil de leur psychisme. A aller à la pêche aux idées. Mais surtout, à chercher en moi et en observant les autres, ce qui me met en colère, m’attendrit et me révolte. Cette façon de faire m’a paru plus crédible, plus juste émotionnellement que de griffonner des pages et des pages de biographies de personnages. Mais ce qui m’a le plus apporté et qui a nourri mon écriture comme jamais auparavant, ce fut de créer du contraste.

Une autre voie

Là où c’est devenu très intéressant, c’est quand j’ai commencé à raisonner en termes de « duos ». Il y a dans chaque roman, dans chaque oeuvre littéraire, des personnages qui fonctionnent par « paires ». Et là, je ne parle pas que des couples (bien que les couples entrent dans cette catégorie), mais bien de tout type de relations, qu’il s’agisse d’amitiés, de relations parents-enfants, de protagoniste vs antagoniste, de partenariats professionnels et autres.

Mon but: créer du contraste entre la personnalité de chacun de ces duos. Pour parler clairement et donner quelques exemples: il est manuel/ elle est intellectuelle; il adore les enfants/ il les déteste; elle est dépensière, il est économe; elle aime danser, il préfère le ciné; il est confiant, elle est pessimiste.

A partir de là, créer du conflit devient beaucoup plus facile! Car sans conflit, pas de bonne histoire. Ça peut paraître simpliste comme procédé, mais c’est très efficace! Les caractères opposés s’attirent et un fort contraste crée une très forte dynamique relationnelle.

Comment créer du contraste

Quels éléments faut-il contraster pour obtenir du conflit?

Alors là, vous avez le choix. Vous pouvez prendre quelques-uns des éléments ci-dessous, mais plus vous les cumulerez, plus vos personnages et vos sources de conflits seront riches. Voici ces éléments :

  • La personnalité et le type psychologique: introversion/extraversion; intuition/réflexion; esprit d’analyse/esprit de synthèse, etc.
  • Les ambitions
  • Les motivations
  • Le bagage culturel
  • La classe sociale
  • Les désirs
  • Les buts
  • Les valeurs
  • Les attitudes

Créer des personnages à partir de ces oppositions m’a permis de conscientiser mon écriture, qui est devenue plus cohérente par la même occasion.

Et comme je vous l’affirmais plus haut, pouvez appliquer ce processus à tout type de relations.

Cette méthode fonctionne particulièrement bien lorsque vous créez une série. Une série littéraire repose en premier lieu sur les relations entre les personnages. Faire rebondir ces relations sans cesse, d’un épisode à un autre est la clé pour que la série fonctionne. Introduire de nouveaux personnages à chaque épisode (bien qu’il puisse y en avoir de temps en temps tout de même), n’est pas une bonne idée. En revanche, introduire les mêmes personnages, les rendre suffisamment riches, créera à coup sûr du rebond et des péripéties. D’où l’intérêt de bien les caractériser.

Et vous, quels genres de personnages aimez-vous croiser dans vos lectures? Si vous êtes auteur, avez-vous déjà utilisé la méthode du contraste?

janvier 15

Les vacanciers

J’ai acheté ce livre par hasard, parce que le titre me plaisait et la couverture me faisait envie. Après tout, qui ne rêve pas d’un peu de soleil et de vacances en plein coeur de l’hiver? J’avoue que je n’avais donc pas d’attentes particulières, mis à part celle de me détendre et m’évader.

Voici le résumé du livre :

C’est l’été, New York est une véritable fournaise mais Franny Post a tout organisé pour quitter Manhattan avec son mari et sa fille Sylvia. Direction Majorque pour quinze jours de rêve. Le prétexte officiel de ces vacances idylliques ? Fêter les trente-cinq ans de mariage du couple et récompenser Sylvia pour son diplôme de fin d’études. Ce sera aussi l’occasion de revoir Bobby, l’aîné de la fratrie installé à Miami avec sa compagne, Carmen. Le soleil, les plages paradisiaques, la bonne nourriture et une somptueuse villa perchée un peu à l’écart sur une montagne promettent une échappatoire aux tensions latentes du quotidien. Pourtant, rien ne se passe comme prévu. Les soucis et les secrets ne restent pas longtemps tapis dans les bagages…

Mon avis :

Ce roman se lit très vite (il ne fait que 300 pages) entre  plages idylliques, décors paradisiaques, et… secrets de famille. Tout cela se présente bien, et l’on s’attend à des personnages hauts en couleur et attachants, qui évoluent beaucoup au fil des pages. Alors, c’est vrai, on suit la trajectoire des Post d’un bout à l’autre du roman, au gré de leurs activités de vacances (assez convenues d’ailleurs : plages, excursions, courts de tennis et expériences gastronomiques). Pourtant, ces histoires de couples me paraissent bien ternes, sans véritable tension dramatique. Rien de surprenant dans la fin du roman non plus ne vient donner de piquant à l’histoire, malgré les promesses de départ. Il s’agit plus d’un journal des uns et des autres, que l’on découvre en parallèle. Des micros-intrigues, donc, un roman centré sur les personnages, qu’on attendait au tournant. Et qui déçoivent.

Le roman pèche donc par manque de substance, de profondeur. Je m’attendais également à davantage d’humour, un peu à la façon de Gilles Legardinier, mais j’avoue avoir préféré ça peut pas rater! dont le style savoureux inscrit résolument le livre dans la comédie de moeurs.

Bon, malgré tout, vous ne passerez pas un mauvais moment dans le train ou dans l’avion avec ce roman.

Enfin, pour ceux d’entre vous qui cherchent un dépaysement radical, n’hésitez pas à aller fureter du côté de ce roman. 

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décembre 30

Couple: les 4 signes d’infidélité qui ne trompent pas.

Image par Tatyana Kazakova de Pixabay

En faisant des recherches pour mon recueil de nouvelles « Lire et Délires », je me suis attardée sur les relations de couple. Plusieurs des nouvelles contenues dans le recueil explorent cette thématique.

Couples qui se rencontrent et s’aiment, couples en souffrance qui se trompent… A ce propos… quels sont les signes que votre moitié vous trompe? Voici un petit résumé des éléments qui m’ont permis d’inventer « Un couple normal » et d’autres histoires.

L’infidélité peut se révéler à travers de nombreux détails.

Des changements notables de l’emploi du temps

Votre moitié passe beaucoup de temps à l’extérieur. Souvent, votre conjoint(e) s’absente à heures fixes, certains jours de la semaine. Il/ Elle peut aussi partir plus tôt de son travail et/ ou rentrer plus tard.

Des changements dans le comportement sexuel

Une raréfaction des rapports sexuels avec son partenaire ou au contraire une frénésie sexuelle, par culpabilité notamment, doivent vous alerter.

Une activité électronique sous haute surveillance

Avant, son portable traînait partout. Mais depuis quelques semaines, son code PIN a changé et votre conjoint ou conjointe ne répond plus au téléphone en votre présence. De nouveaux mots de passe fleurissent un peu partout: sur l’ordinateur et son compte facebook, qu’il ou elle ne consulte que lorsque vous n’êtes pas là.

Les courriels disparaissent de l’historique, supprimés. Idem pour l’historique des appels.

Un changement dans les goûts de votre moitié

Avant, il détestait le jazz, ne jurant que par le rock. Tout d’un coup, ses goûts musicaux, ses goûts culinaires, changent. A moins qu’il se découvre une nouvelle passion comme le char à voile ou le running. Là encore, méfiance…

Voilà des signes majeurs qui doivent vous alerter. Si cet article vous a plu, vous aimerez peut-être découvrir les textes de fiction de l’auteure à cette adresse.