Que reste-t-il de Tchernobyl?

C’était il y a 33 ans. Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, a explosé.

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J’étais très jeune, mais je m’en souviens encore. J’ai les images atroces encore en tête, je pense à la population de Pripyat et à ces 50 000 personnes qui vivaient à seulement trois kilomètres de la centrale et qui ont dû être évacuées, pour ne jamais retourner chez elles.

Cet épisode, j’avais envie d’en parler dans une histoire. Alors, j’ai écrit une nouvelle à chute, quelque chose qui évoque l’événement bien après la date de sa survenue.

Tchernobyl aujourd’hui

Aujourd’hui, je me demande ce qu’il reste de l’événement. Au début, les autorités n’ont pas compris l’ampleur de la catastrophe. C’est ce qui explique pourquoi il a fallu 36 heures après l’explosion pour commencer l’évacuation.

200 000 personnes au total auraient été évacuées, dans un rayon de 30 kilomètres du site.

Il va encore falloir des milliers d’années pour que la région redevienne habitable. Des éléments radioactifs ont été portés par le vent juste après l’explosion, et on a détecté du plutonium, du strontium, de l’iode et du césium jusque dans l’hémisphère nord.

Les effets sur la santé

Trois mois après l’explosion, 31 personnes sont décédées après avoir été exposées aux radiations.

Cinq ans plus tard, et sur une période de 25 ans on a rapporté 20 000 cas de thyroïde chez des jeunes de moins de 18 ans. Malgré tout, les décès par cancer n’a pas atteint le niveau craint initialement, comme le rapporte le NRC.

Des malformations congénitales ont été observées, mais sont restées modestes.

Les effets sur l’environnement

Un sarcophage en béton a été scellé autour du réacteur afin de contenir le rayonnement. L’efficacité d’une telle mesure fait débat.

La radioactivité infiltrée dans les sols et on trouve des tumeurs dans certaines plantes et champignons. Pourtant, il semblerait que la flore se soit adaptée en modifiant son ADN, pur devenir plus résistante.

la bonne nouvelle, c’est que la nature semble avoir repris ses droits malgré la radioactivité encore omniprésente sur le site de Tchernobyl: des lapins, des oiseaux, mais aussi des ours et des loups sont présents sur le territoire. Pour autant, certaine espèces présentent des anomalies et des malformations ou sont en sous-nombre par rapport à la normale.

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De nouvelles mesures

Une nouvelle arche pour contenir la radioactivité et d’une hauteur de 92 mètres a commencé à être construite en 2010, pour remplacer la première qui se fissurait. Le chantier a été retardé par manque de fonds. C’est dans ce cadre que j’ai voulu situer ma nouvelle Un Couple ukrainien, qui fait partie d’un recueil.

L’histoire de Vika, un drame familial parmi tant d’autres, situé dans un océan de souffrances humaines et environnementales.

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Cet homme est un psychopathe! Créer un « méchant » crédible

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En tant qu’auteure, je suis fascinée par la psychologie, et en particulier par toutes ces petites et grosses déviances qui permettent d’enrichir la personnalité d’un personnage. S’il est assez facile de dresser le portrait du « méchant » dans une histoire, rien de bon ne peut sortir sans un minimum de recherche qui permet au personnage de « sonner juste ».

Pour mon dernier roman (bientôt disponible, inscrivez-vous à la newsletter pour connaître la date officielle de parution et obtenir une nouvelle gratuite), je me suis donc penchée sur ces individus qualifiés de « psychopathes ». Qu’est-ce qu’un psychopathe? Quels sont ses traits de caractère?

Psychoptahie: définition

Psychopathe, sociopathe, tueur en série, les termes ne manquent pas pour qualifier une personnalité plus ou moins perçue comme dangereuse. Pourtant, le terme revêt une signification bien précise, loin des films et des clichés.

Le psychopathe est une personne qui tranche par son comportement en apparence normal et sa remarquable capacité à n’éprouver aucune empathie, amour, culpabilité et sensibilité. Guidé par son seul plaisir, le psychopathe  a du mal à tisser des liens sociaux.

Les 5 signes qui permettent de repérer un psychopathe

  • Le psychopathe ne fait preuve d’aucune empathie et se montre et indifférent à la souffrance des autres, insensible.
  • Le psychopathe est narcissique et égocentrique. Le monde tourne autour de sa personne et il s’imagine et se considère plus intelligent que les autres. Il surestime ses capacités. Il est peu fiable et indifférent à l’opinion des autres, les rabaisse et les humilie. Il manipule et trompe l’autre sans aucun état d’âme.
  • D’un calme olympien, le psychopathe gère les situations stressantes avec décontraction et froideur.
     
  • Sûr de son charme, le psychopathe est le type même du séducteur et du beau parleur.
     

Dénué d’empathie, il n’éprouve aucun remords ni regret pour ses crimes ou pour la souffrance qu’il inflige aux autres.

Créer un « méchant » crédible

Voici quelques pistes pour créer un antagoniste psychopathe mémorable dans une oeuvre de fiction

  • Pensez aux personnes de votre entourage, et examinez ses défauts. Pouvez-vous accentuer son côté malsain et/ou vilain et l’imaginer dans votre fiction? Comment réagit-elle en gardant à l’esprit les points vus plus hauts?
  • Imaginez une scène du passé de votre personnage. Essayez de penser à son enfance, puis à son adolescence. Y a-t-il un événement terrible qui a représenté un tournant dans sa vie et modifié sa personnalité en profondeur?
  • Personne n’est ni tout blanc ni tout noir, même les psychopathes! Essayez de nuancer votre personnage. Quels sont ses bons côtés?

1-  Cernez votre type d’antagoniste : une personne ordinaire, une célébrité, un criminel notoire ? Examinez ses échecs  et ses faiblesses. Quel mal a-t-il fait ?

2- Etudiez le caractère de vos connaissances, en particulier leurs mauvais côtés. Quelles personnes seraient-elles si leurs faiblesses étaient exagérées et plus fortes que leurs traits positifs ?

3- Approfondissez le passé de votre vilain. Quels évènements terribles a-t-il subis et provoqués ? Certains antagonistes sont de simples fauteurs de troubles, d’autres sont des psychopathes. A quel niveau se situe le vôtre ?

4- Identifiez la source de ses actes : pourquoi en est-il arrivé là ?

5- Entretenez le suspense sur ses actes et sa possible évolution : la gestion des limites d’un personnage est toujours captivante pour le lecteur !

6- Nuancez le caractère de votre antagoniste : les vilains les plus intéressants sont les plus complexes. Une personnalité ambiguë ajoute de la profondeur et du réalisme. Réfléchissez donc à ses bons côtés.

7- Donnez-lui une voix et un physique distincts : travaillez précisément les dialogues pour faire mieux connaître cet antagoniste. Ses manières, son apparence et sa façon de parler sont autant d’éléments importants pour lui donner vie.

8- Examinez les différentes sources d’inspiration possibles, telles les antagonistes des films et des livres. Soyez critique envers elles, votre jugement sur votre création n’en sera que plus approfondi.]

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Finir, chuter, se relever

Image par Samuel F. Johanns de Pixabay

Je l’ai fait. Pour la énième fois je serai allée au bout de mon premier jet. Les cent vingt pages de rédigées en deux semaines. Pour aller au bout, tant il est vrai que ces premières versions servent à dessiner l’architecture de l’oeuvre, à découvrir l’histoire, les personnages et l’intrigue dans le concret.

Le livre n’est plus dans ma tête. Il existe et il est la somme de ces centaines de choix, de ces multiples décisions que j’avais faites en amont, au moment de l’ébauche et de l’écriture du séquencier.

Le vide s’est installé, brutal, après ces semaines de travail acharné. Un vide intense, difficile à accepter, impossible à meubler. Quelques jours où je suis « déboussolée » (mon Nord est indiqué par mon compteur de mots et le nombre de pages rédigées). J’en profite pour voir quelques amis (un peu négligés, je l’avoue, durant cette fièvre créatrice), et plus prosaïquement, mettre de l’ordre dans ma maison et de la nourriture dans mon frigo.

Enfin, depuis quelques jours, les affaires reprennent! De nouvelles idées viennent me visiter, la Muse a jugé que j’étais de nouveau fréquentable.

Finalement, comme l’écriture, la vie est faite de pleins et de déliés.

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Comment créer de très bons personnages grâce aux contrastes

Cette image est inspirante, n’est-ce pas? Pas seulement parce que je trouve cette femme et cette photo magnifiques, mais aussi parce qu’en tant qu’auteure, elle me fait penser à un éventuel futur personnage pour une histoire.

Du moins, c’est ainsi que j’aurais procédé par le passé: contempler cette photo et essayer d’imaginer la vie de cette femme, son passé et son présent, son métier, sa personnalité, sa condition, des bribes de son passé.

C’est un bon début.

Mais aujourd’hui, j’ai envie de créer des personnages en suivant une autre approche, une approche un peu éloignée de ma zone de confort littéraire.

Mes types de personnages préférés

Dans Au-delà de l’Horizon, j’ai voulu partir en exploration des différences. Différences de nationalités, différences entre espèces, différences entre les siècles. Mes figures féminines étaient du genre courageuses, vindicatives parfois, belles et audacieuses. Mes personnages masculins étaient plus torturés, souvent introvertis, timides, avec plus de difficultés d’adaptation.

Dans mon recueil de nouvelles, j’ai voulu mettre en lumière des personnages qui illustrent des thématiques variées, telles que la jalousie, l’indépendance, l’anticonformisme, l’intelligence poussée.

Comment j’envisage la suite

Aujourd’hui, j’aimerais mettre en scène dans mon prochain livre des personnages plus complexes, parfois pathologiques dans leurs relations, que ce soit entre eux, envers le sexe opposé ou envers leurs enfants. J’ai donc cherché à complexifier les relations pour que ça fonctionne. A dérouler le fil de leur psychisme. A aller à la pêche aux idées. Mais surtout, à chercher en moi et en observant les autres, ce qui me met en colère, m’attendrit et me révolte. Cette façon de faire m’a paru plus crédible, plus juste émotionnellement que de griffonner des pages et des pages de biographies de personnages. Mais ce qui m’a le plus apporté et qui a nourri mon écriture comme jamais auparavant, ce fut de créer du contraste.

Une autre voie

Là où c’est devenu très intéressant, c’est quand j’ai commencé à raisonner en termes de « duos ». Il y a dans chaque roman, dans chaque oeuvre littéraire, des personnages qui fonctionnent par « paires ». Et là, je ne parle pas que des couples (bien que les couples entrent dans cette catégorie), mais bien de tout type de relations, qu’il s’agisse d’amitiés, de relations parents-enfants, de protagoniste vs antagoniste, de partenariats professionnels et autres.

Mon but: créer du contraste entre la personnalité de chacun de ces duos. Pour parler clairement et donner quelques exemples: il est manuel/ elle est intellectuelle; il adore les enfants/ il les déteste; elle est dépensière, il est économe; elle aime danser, il préfère le ciné; il est confiant, elle est pessimiste.

A partir de là, créer du conflit devient beaucoup plus facile! Car sans conflit, pas de bonne histoire. Ça peut paraître simpliste comme procédé, mais c’est très efficace! Les caractères opposés s’attirent et un fort contraste crée une très forte dynamique relationnelle.

Comment créer du contraste

Quels éléments faut-il contraster pour obtenir du conflit?

Alors là, vous avez le choix. Vous pouvez prendre quelques-uns des éléments ci-dessous, mais plus vous les cumulerez, plus vos personnages et vos sources de conflits seront riches. Voici ces éléments :

  • La personnalité et le type psychologique: introversion/extraversion; intuition/réflexion; esprit d’analyse/esprit de synthèse, etc.
  • Les ambitions
  • Les motivations
  • Le bagage culturel
  • La classe sociale
  • Les désirs
  • Les buts
  • Les valeurs
  • Les attitudes

Créer des personnages à partir de ces oppositions m’a permis de conscientiser mon écriture, qui est devenue plus cohérente par la même occasion.

Et comme je vous l’affirmais plus haut, pouvez appliquer ce processus à tout type de relations.

Cette méthode fonctionne particulièrement bien lorsque vous créez une série. Une série littéraire repose en premier lieu sur les relations entre les personnages. Faire rebondir ces relations sans cesse, d’un épisode à un autre est la clé pour que la série fonctionne. Introduire de nouveaux personnages à chaque épisode (bien qu’il puisse y en avoir de temps en temps tout de même), n’est pas une bonne idée. En revanche, introduire les mêmes personnages, les rendre suffisamment riches, créera à coup sûr du rebond et des péripéties. D’où l’intérêt de bien les caractériser.

Et vous, quels genres de personnages aimez-vous croiser dans vos lectures? Si vous êtes auteur, avez-vous déjà utilisé la méthode du contraste?

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Les vacanciers

J’ai acheté ce livre par hasard, parce que le titre me plaisait et la couverture me faisait envie. Après tout, qui ne rêve pas d’un peu de soleil et de vacances en plein coeur de l’hiver? J’avoue que je n’avais donc pas d’attentes particulières, mis à part celle de me détendre et m’évader.

Voici le résumé du livre :

C’est l’été, New York est une véritable fournaise mais Franny Post a tout organisé pour quitter Manhattan avec son mari et sa fille Sylvia. Direction Majorque pour quinze jours de rêve. Le prétexte officiel de ces vacances idylliques ? Fêter les trente-cinq ans de mariage du couple et récompenser Sylvia pour son diplôme de fin d’études. Ce sera aussi l’occasion de revoir Bobby, l’aîné de la fratrie installé à Miami avec sa compagne, Carmen. Le soleil, les plages paradisiaques, la bonne nourriture et une somptueuse villa perchée un peu à l’écart sur une montagne promettent une échappatoire aux tensions latentes du quotidien. Pourtant, rien ne se passe comme prévu. Les soucis et les secrets ne restent pas longtemps tapis dans les bagages…

Mon avis :

Ce roman se lit très vite (il ne fait que 300 pages) entre  plages idylliques, décors paradisiaques, et… secrets de famille. Tout cela se présente bien, et l’on s’attend à des personnages hauts en couleur et attachants, qui évoluent beaucoup au fil des pages. Alors, c’est vrai, on suit la trajectoire des Post d’un bout à l’autre du roman, au gré de leurs activités de vacances (assez convenues d’ailleurs : plages, excursions, courts de tennis et expériences gastronomiques). Pourtant, ces histoires de couples me paraissent bien ternes, sans véritable tension dramatique. Rien de surprenant dans la fin du roman non plus ne vient donner de piquant à l’histoire, malgré les promesses de départ. Il s’agit plus d’un journal des uns et des autres, que l’on découvre en parallèle. Des micros-intrigues, donc, un roman centré sur les personnages, qu’on attendait au tournant. Et qui déçoivent.

Le roman pèche donc par manque de substance, de profondeur. Je m’attendais également à davantage d’humour, un peu à la façon de Gilles Legardinier, mais j’avoue avoir préféré ça peut pas rater! dont le style savoureux inscrit résolument le livre dans la comédie de moeurs.

Bon, malgré tout, vous ne passerez pas un mauvais moment dans le train ou dans l’avion avec ce roman.

Enfin, pour ceux d’entre vous qui cherchent un dépaysement radical, n’hésitez pas à aller fureter du côté de ce roman. 

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Couple: les 4 signes d’infidélité qui ne trompent pas.

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En faisant des recherches pour mon recueil de nouvelles « Lire et Délires », je me suis attardée sur les relations de couple. Plusieurs des nouvelles contenues dans le recueil explorent cette thématique.

Couples qui se rencontrent et s’aiment, couples en souffrance qui se trompent… A ce propos… quels sont les signes que votre moitié vous trompe? Voici un petit résumé des éléments qui m’ont permis d’inventer « Un couple normal » et d’autres histoires.

L’infidélité peut se révéler à travers de nombreux détails.

Des changements notables de l’emploi du temps

Votre moitié passe beaucoup de temps à l’extérieur. Souvent, votre conjoint(e) s’absente à heures fixes, certains jours de la semaine. Il/ Elle peut aussi partir plus tôt de son travail et/ ou rentrer plus tard.

Des changements dans le comportement sexuel

Une raréfaction des rapports sexuels avec son partenaire ou au contraire une frénésie sexuelle, par culpabilité notamment, doivent vous alerter.

Une activité électronique sous haute surveillance

Avant, son portable traînait partout. Mais depuis quelques semaines, son code PIN a changé et votre conjoint ou conjointe ne répond plus au téléphone en votre présence. De nouveaux mots de passe fleurissent un peu partout: sur l’ordinateur et son compte facebook, qu’il ou elle ne consulte que lorsque vous n’êtes pas là.

Les courriels disparaissent de l’historique, supprimés. Idem pour l’historique des appels.

Un changement dans les goûts de votre moitié

Avant, il détestait le jazz, ne jurant que par le rock. Tout d’un coup, ses goûts musicaux, ses goûts culinaires, changent. A moins qu’il se découvre une nouvelle passion comme le char à voile ou le running. Là encore, méfiance…

Voilà des signes majeurs qui doivent vous alerter. Si cet article vous a plu, vous aimerez peut-être découvrir les textes de fiction de l’auteure à cette adresse.

Publié par Alex dans Mes oeuvres et thématiques d'auteur, 0 commentaire

Influences

Allez, encore une page. Une dernière et je vais me coucher. Pendant que l’imprimante sort la production de la journée avec son crachotement habituel, je rédige les quelques paragraphes qui termineront en beauté cette fichue scène de mon roman.

La journée a été productive: 4000 mots rédigés, soit l’équivalent de 12 pages d’un premier jet de roman. Bien entendu, ces mots ne sont pas définitifs, mais au moins ils existent. C’est un bon début pour un écrivain.

J’ai fait mon boulot pour la journée, je suis fière et satisfaite. Je vais enfin pouvoir savourer un repos bien mérité.

Je ferme mon logiciel d’écriture et éteins mon ordinateur. Il est minuit, l’heure d’aller dormir. Je m’étire – malgré mes séances de musculation tous les muscles de mon dos sont douloureux – et me prépare une petite collation: tisane, noix, et fruit. Je l’ai bien mérité!

Un petit tour dans la salle de bain et je me glisse avec délice dans les draps frais. Je ferme les yeux, m’abandonnant à la fatigue. Mais mon cerveau encore en ébullition est totalement rétif au sommeil. J’éteins tout de même la lumière et me pelotonne sous la couette.

D’une voix qui me fait presque sursauter, il me lance:

— Franchement, ton personnage de Lucie, je te l’avais décrit autrement. Tu l’as rendu insignifiant. Comment veux-tu que tes lecteurs accrochent?

Mais c’est toi qui l’as inventé!

Puis:

— Si j’étais toi, je me calmerais sur les descriptions à la Balzac, personne n’écrit plus comme ça aujourd’hui!

Une source d’inspiration pour tous les auteurs !

Mais tu ES moi!

— La dernière scène manque de mouvement. Tu vas ennuyer le lecteur !

Je rallume la lumière. Je suis perplexe, je commence à douter. Je me lève brusquement et attrape mon exemplaire des Illusions perdues de Balzac dans ma bibliothèque. Je m’assois sur mon lit et je parcours quelques exemples de descriptions balzaciennes. Est-ce que j’écris vraiment de cette façon? En même temps, Balzac était un génie de l’écriture!

Mais pas moi. (Enfin, personne ne m’a jamais qualifiée de la sorte!)

Fébrilement, je me lève et me dirige vers mon bureau. Le petit tas de feuilles est là, bien rangé avec le reste de l’oeuvre en cours d’élaboration.

Je feuillette mes douze pages… Il y a clairement une influence balzacienne dans mes descriptions, en moins bon.

Je lis et relis les passages critiques, entourant et raturant mes feuillets.

Je rallume l’ordinateur – je ne peux pas laisser le texte en l’état – et je me remets à la tâche. J’en ai pour toute la nuit.

Est-ce pour cela que Balzac écrivait quinze heures par jour?

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L’antiplanning pour doper votre productivité

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Bonjour à tous !

Je vous avais communiqué dans le précédent billet une méthode pour écrire en-dehors de chez soi. J’espère que ce billet vous aura aidé quelque peu… N’hésitez pas à livrer vos commentaires, vos expériences, c’est comme cela qu’on avance.

Bref, aujourd’hui, je reviens sur cette idée de productivité, tant elle est essentielle à l’auteur, et je pense que vous serez d’accord avec moi.

Alors j’ai tenté une petite expérience. Il y a quelques années, je suis tombée sur un livre pratique dont le sujet était la procrastination. Le livre m’a intéressée, car la procrastination… en tant qu’écrivain… comment dire? ÇA ME PARLE!

L’auteur proposait différentes techniques, dont l’une, surnommée si justement « l’antiplanning ».

Qu’est-ce que c’est que ça, l’antiplanning?

Il s’agit tout simplement de noter sur un agenda les plages de temps consacrées à un objectif (en l’occurrence l’objectif procrastiné) APRÈS avoir travaillé dessus et non AVANT.

En pratique, il s’agit de bloquer et de noircir dans son agenda les activités habituelles, obligatoires (et non procrastinées habituellement) telles le temps de sommeil, le travail ou les heures de cours pour les étudiants, les rendez-vous, le temps consacré aux courses et aux repas, etc.

Et c’est là que ça devient intéressant: l’auteur préconise de réserver le temps qui reste, qu’il s’agisse de petites plages de quelques minutes à de plus grandes amplitudes horaires au PROJET. Et de noter, avec une couleur différente, le temps consacré chaque semaine à ce projet.

Explications pratiques

Imaginez que votre projet soit de ranger le garage, tâche que vous procrastinez depuis des lustres. Avec la technique de l’antiplanning, vous remarquez que le vendredi vous rentrez du travail une heure plus tôt. C’est une heure que vous pouvez consacrer à votre rangement du garage. Votre rendez-vous chez le dentiste est annulé? Encore trois quarts d’heure de disponible. La technique est simple, et petits bouts par petits bouts, vous achèverez votre tâche sans être submergé. Vous coupez court à la paralysie générale. A la fin de la semaine, votre planning est rempli… à l’envers! Mais ça peut fonctionner pour vous!

Et pour l’écriture, alors, comment faire ?

J’ai pratiqué cette technique les fois où j’avais plein de choses à faire qui me détournaient de l’écriture. Le plus souvent, je m’y consacre pendant plusieurs heures d’affilée, le plus souvent le matin. Mais parfois, le temps me manque parce que j’ai d’autres contraintes. Alors c’est le moment pour moi d’utiliser la technique de l’antiplanning.

Je commence ma première « tranche » de temps libre par établir une todolist se rapportant à la tâche en cours. Si je travaille sur un texte, il peut s’agir de trouver une idée, de faire des recherches, d’écrire le premier jet, de construire des fiches personnages.

Je profite ensuite de mes déplacements en ville pour lier mes tâches au contexte. Un rendez-vous avec un ami qui veut me voir en urgence? Je profite du trajet non prévu dans mon planning pour réfléchir à mes personnages. (en plus ça tombe très bien, les transports en commun sont parfaits pour observer les gens et trouver des idées de personnages. Je note tout dans un petit carnet pour plus tard.) Le rendez-vous arrive, et je me trouve à côté d’une bibliothèque? Je consulte ma liste: c’est parfait, j’ai des recherches à faire sur les pépiniéristes forestiers (une recherche que j’ai réeellement faite, pour mon projet en cours…!)

Je veille donc toujours à avoir ma liste avec moi et de quoi noter. Je recopie mes notes sur mon ordinateur plus tard.

Voilà comment je procède. Il y a maintes occasions de travailler de la sorte: le soir devant les pubs à la télé, le weekend, et même en faisant la cuisine ! (des plages de 5 minutes par-ci par-là sont idéales pour réfléchir à l’univers d’une l’histoire, aux intéractions possibles entre les personnages).

Alors, prêts à tenter l’expérience?

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Cafés, mansardes, et autres lieux de débauche artistique

Le café, nectar d’inspiration pour écrivain

Je dois vous faire une confidence: j’aime le café. Mais ce dont je raffole plus que tout, c’est écrire dans les cafés. Parce que ça FONCTIONNE pour moi.

Je ne prétends pas avoir la science de l’inspiration, mais une chose est sûre, j’ai un peu d’expérience en matière d’écriture, et j’observe que pour bon nombre de mes amis/ confrères/ consoeurs en écriture, il y a des choses qui fonctionnent mieux que d’autres. Et mieux pour certains que pour d’autres.

Car il appartient à chacun de bien se connaître, et le « cognosce te ipsum » (connais-toi toi-même), gravé sur le fronton du Temple de Delphes, se révèle crucial lorsqu’on aspire, en tant qu’écrivain livré à lui-même, à une certaine productivité. Voici donc un petit florilège de lieux où vous pourriez vous épanouir artistiquement, comme j’ai pu en faire l’expérience, et comment je procède. En espérant que cela vous donnera quelques pistes de réflexion…

Les cafés, un lieu d’écriture privilégié pour allergiques au papier-peint

Les cafés, donc. Je m’y rends très souvent. Pour l’ambiance. Pour ne pas être chez moi avec un mur au papier-peint grisâtre pour seul horizon. Parce qu’il y a d’autres gens qui s’y trouvent, qui parlent et génèrent un brouhaha discret, mais surtout qui ne s’adressent pas à moi directement. L’équipement nécessaire se résume à:

  • Un ordinateur (avec batterie chargée si possible, mais il y a moyen de s’arranger, continuez à lire)
  • Des logiciels en ligne pour le travail d’écriture proprement dit (Antidote contient tout cela)
  • Un casque (au cas où vous croiseriez une famille nombreuse, ça arrive depuis que les cafés sont non-fumeurs) et une application de musique (je vous conseille Spotify, avec la playlist « Concentration maximum »)
  • Une prise multiple. Ah, ça je parie que vous n’y auriez pas pensé? Tous les cafés possèdent des prises, mais avec l’explosion des écrivains/ blogueurs/free-lance qui se lancent, c’est la guerre de l’énergie. Avec une prise multiple dans votre cartable, le courant passera mieux et vous vous ferez peut-être même des amis.
  • Et, pourquoi pas, un antivol pour votre ordinateur, pratique pour les pauses-pipi (personnellement je n’ai jamais essayé, je n’en ai même jamais vu, sauf dans les rayons des grandes enseignes informatiques. Mais qui sait, vous pourriez peut-être lancer la mode?).
  • Quelques pièces de monnaie pour le nectar qui vous insufflera l’inspiration nécessaire. Le café, bien sûr, mais après ça dépend de votre profil psychologique. Gardez cependant à l’esprit que vous devez le garder (votre esprit). On est là pour bosser, au final, tout de même!
  • Enfin, si vous avez la chance de vivre dans une ville (pour les autres, continuez à lire), sachez que plein d’enseignes proposent des boissons et autres en-cas à déguster pour un prix modique et qu’en plus vous pourrez faire du « camping ». On assiste à un nouvel ordre mondial des écrivains, avec l’émergence de franchises dans le genre Exki, Prêt-à-Manger, Starbucks, etc.

Mais Alex, j’habite à la campagne, c’est encore en zone blanche et on achète encore le pain à la camionnette qui passe le matin! Y a pas un rade à des kilomèèèèèètres!

Petit guide de survie dans un monde déconnecté

Je comprends. Et je dirais que vous avez de la CHANCE! Restez avec moi.

Il m’arrive aussi de partir dans certaines contrées où le wifi ne passe pas entre le salon et la cuisine. Une fois, chez mes parents qui ont une grande maison à la campagne, j’ai utilisé un podomètre pour mesurer combien de pas je faisais en une journée sans sortir de la maison. Le nombre de pas, je n’en ai pas souvenir. Mais j’avais tout de même parcouru 1,7 kilomètres ! Et sans mettre le nez dehors !

Bref, s’agissant d’écriture, un petit coin de verdure peut se révéler idyllique! Imaginez, un petit paradis sans Internet, sans notifications, sans réseau. De quoi se concentrer un maximum sans risquer d’être dérangé! (sauf par le chant du coq, mais laissons les animaux en paix, on s’y fait très bien).

Voici comment je travaille à la campagne

Je réécris sur papier. Cela suppose donc d’avoir un premier jet préalablement IMPRIMÉ, que j’emporte et sur lequel je vais redécouvrir mon texte comme si c’était la première fois. Armée d’un stylo rouge, je note tous les dysfonctionnements (cf l’article Premier jet, et ensuite?)

En parallèle, j’utilise un logiciel de prise de notes (comme Evernote, mon préféré), et j’y inscris toutes les tâches à accomplir pour retravailler mon texte, quand j’aurai de nouveau accès à Internet. Je m’arrange pour que chaque tâche ne prenne pas plus de 15 minutes ou 30 minutes. Il peut s’agir de points de recherches à faire ou à préciser, d’incohérences à revoir, de descriptions à enrichir, de vérifications en termes de chronologie de l’histoire, etc. L’idée, c’est qu’en rentrant chez moi, j’aie une liste de choses à revoir très précises que je pourrais caser par quarts d’heures ou demi-heures dans mon emploi du temps. C’est du temps « volé » qui peut s’ajouter à d’autres tâches. (Comme les pauses pub à la télé)

D’autres systèmes pour augmenter votre productivité

D’autres systèmes me réussissent à la campagne: je veux parler du travail en mode « journaliste » que vous pouvez découvrir dans le livre Deep Work de Cal Newport. Il s’agit de profiter de chaque moment de temps libre pour se plonger dans le travail. Personnellement, je ne suis pas une adepte du sacro-saint « apéro » (sauf s’il y a du café, mais ça passe mal en général), alors je laisse les invités profiter de ce moment pour aller écrire. Ce qui donne trente minutes à une heure d’écriture deux fois par jour. Ce qui est immense en matière de productivité! Vous ne me croyez pas? Essayez donc sur un weekend de trois jours et racontez-moi votre expérience dans les commentaires !

Et ça, c’est sans parler de la sieste des petits (et des grands, il faut bien l’avouer). Je déteste la sieste. Même toute gamine je n’ai jamais pu dormir l’après-midi. Encore du temps pour écrire !

Voilà, vous saisissez l’idée.

On peut aller encore plus loin en attribuant des tâches en fonction du lieu. pas d’Internet dans votre chambre? Reprenez le point 1 et une fois ce travail achevé, changez de coin pour vous rapprocher du wifi. A vous les recherches et le travail sur votre liste de tâches! (ça marche très bien pendant un film ennuyeux en famille ou entre amis, avec l’ordi sur les genoux.) Quoi? vous préférez la console de jeux? Vous êtes écrivain, oui ou non? Alors au travail!

Si vous avez aimé cet article et le style de l’auteure, partez pour une nouvelle lecture pleine d’aventures et d’émotions en téléchargeant GRATUITEMENT la nouvelle LES AVANCÉS .

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Premier jet, et ensuite?

Je le soupèse, je le tâte, j’en éprouve l’épaisseur. Le premier jet est là, bien tangible dans sa version papier.

J’ai passé des mois sur ce premier jet et je mesure combien il me reste de chemin à parcourir avant d’en faire une oeuvre la plus aboutie possible.

Mais le moment n’est pas encore venu.

D’abord, il me faut remiser le manuscrit dans un tiroir. Pour quelques semaines. Des semaines qui seront consacrées à un autre projet.

Puis, vient le temps de la relecture. Armée d’un stylo rouge (et d’un chaudron de café), je m’assois devant le tas de feuilles et je redécouvre mon texte comme si c’était la première fois. A chaque instant, je m’efforce de me mettre à la place du lecteur. Je traque à la loupe toutes les incohérences: dramatiques, thématiques, chronologiques. Je relis mes fiches: mes personnages sont-ils en accord avec leur caractérisation? Sont-ils assez fouillés? L’opposition entre le protagoniste et l’antagoniste est-elle bien marquée? En ai-je assez « fait baver » à mon héros?

Je me penche ensuite sur les grandes articulations du texte: l’acte un, l’acte deux, l’acte trois, le midpoint, le début et la fin. Est-ce que j’ai pris le temps de laisser les choses évoluer? Ai-je pris des raccourcis? Ai-je besoin de faire de nouvelles recherches pour caractériser mon univers et enrichir mes descriptions?

Ensuite, je passe chaque scène à la loupe: toutes les scènes sont-elles bien nécessaires? Puis-je en enlever certaines sans nuire à la compréhension du texte (sous peine d’ennuyer mon lecteur)? Les enjeux de l’histoire sont-ils bien illustrés dans chaque scène? Chaque scène fait-elle progresser mon intrigue? Qu’en est-il du rythme? Est-ce que les émotions des personnages sont contrastées et compréhensibles?

Je veille également à susciter l’émotion du lecteur avec une écriture sensorielle et riche, ainsi que des enjeux forts. Mon personnage principal doit avoir quelque chose à perdre s’il ne va pas au bout de sa quête. Et les intrigues secondaires doivent contribuer à donner du sens à l’ensemble.

A ce niveau de relecture, je travaille sur le symbolisme, qui me permet de donner de la profondeur au texte, ainsi que sur mes décors et les objets. Le premier jet est souvent très cliché. La réécriture permet d’aller du général au particulier. Une « couverture grise » devient un « jeté de lit fausse fourrure ». J’aime cette partie du travail, c’est celle qui permet d’insuffler de l’âme aux mots, d’introduire mon univers d’auteur dans le texte.

Enfin, le travail stylistique peut intervenir à ce niveau de relecture. Je vérifie que le style est fluide, je remplace des mots et de verbes trop génériques (comme « être », « avoir », « faire ») par des termes plus appropriés et plus riches. J’élague, je raccourcis, je peaufine. Je vérifie les verbes de dialogue et les remplace également par des termes plus nuancés.

Enfin, il me reste le travail de mise en page et de typographie. J’utilise le logiciel Antidote pour m’aider.

En tout, il m’aura fallu de dix à quinze réécritures pour considérer que j’ai fait mon boulot d’écrivain…

Publié par Alex dans Techniques d'écriture, 0 commentaire