critiques

Les vacanciers

J’ai acheté ce livre par hasard, parce que le titre me plaisait et la couverture me faisait envie. Après tout, qui ne rêve pas d’un peu de soleil et de vacances en plein coeur de l’hiver? J’avoue que je n’avais donc pas d’attentes particulières, mis à part celle de me détendre et m’évader.

Voici le résumé du livre :

C’est l’été, New York est une véritable fournaise mais Franny Post a tout organisé pour quitter Manhattan avec son mari et sa fille Sylvia. Direction Majorque pour quinze jours de rêve. Le prétexte officiel de ces vacances idylliques ? Fêter les trente-cinq ans de mariage du couple et récompenser Sylvia pour son diplôme de fin d’études. Ce sera aussi l’occasion de revoir Bobby, l’aîné de la fratrie installé à Miami avec sa compagne, Carmen. Le soleil, les plages paradisiaques, la bonne nourriture et une somptueuse villa perchée un peu à l’écart sur une montagne promettent une échappatoire aux tensions latentes du quotidien. Pourtant, rien ne se passe comme prévu. Les soucis et les secrets ne restent pas longtemps tapis dans les bagages…

Mon avis :

Ce roman se lit très vite (il ne fait que 300 pages) entre  plages idylliques, décors paradisiaques, et… secrets de famille. Tout cela se présente bien, et l’on s’attend à des personnages hauts en couleur et attachants, qui évoluent beaucoup au fil des pages. Alors, c’est vrai, on suit la trajectoire des Post d’un bout à l’autre du roman, au gré de leurs activités de vacances (assez convenues d’ailleurs : plages, excursions, courts de tennis et expériences gastronomiques). Pourtant, ces histoires de couples me paraissent bien ternes, sans véritable tension dramatique. Rien de surprenant dans la fin du roman non plus ne vient donner de piquant à l’histoire, malgré les promesses de départ. Il s’agit plus d’un journal des uns et des autres, que l’on découvre en parallèle. Des micros-intrigues, donc, un roman centré sur les personnages, qu’on attendait au tournant. Et qui déçoivent.

Le roman pèche donc par manque de substance, de profondeur. Je m’attendais également à davantage d’humour, un peu à la façon de Gilles Legardinier, mais j’avoue avoir préféré ça peut pas rater! dont le style savoureux inscrit résolument le livre dans la comédie de moeurs.

Bon, malgré tout, vous ne passerez pas un mauvais moment dans le train ou dans l’avion avec ce roman.

Enfin, pour ceux d’entre vous qui cherchent un dépaysement radical, n’hésitez pas à aller fureter du côté de ce roman. 

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Le Dernier Lapon

 

Bonjour chers lecteurs,

En pleine phase de lectures aussi nombreuses que diverses, je me suis plongée dans le beau roman d’Olivier Truc, Le Dernier Lapon. J’avais peur d’être refroidie (si je puis dire), par une thématique un peu éloignée de mes préférences habituelles, mais je dois dire que ce livre a comblé mes attentes.

D’abord, le résumé :

Depuis quarante jours, la Laponie est plongée dans la nuit. Dans l’obscurité, les éleveurs de rennes ont perdu un des leurs. Mattis a été tué, ses oreilles tranchées, le marquage traditionnel des bêtes de la région. Non loin de là, un tambour de chaman a été dérobé. Seul Mattis connaissait son histoire. Les Lapons se déchirent : malédiction ancestrale ou meurtrier dans la communauté ?

Ce que j’en pense :

Olivier Truc est journaliste, correspon­dant à Stockholm du journal Le Monde et au Point. Sa connaissance de la Laponie est épidermique, tant on sent vibrer sous sa plume les grandes luttes de cette région du monde qui voit s’opposer le partis politiques proches du peuple sami aux partis d’extrême droite. Nous sommes loin des polars nordiques actuels, ici nous plongeons avec délice dans le polar ethnologique.

Les décors, l’atmosphère, les paysages sont rendus avec une précision que seules l’érudition et la connaissance profonde du pays et des peuples qui le composent sont capable de générer.

Vous ne trouverez pas de complexes procédures policières dans ce livre. Les enquêteurs sont en nombre plutôt réduits pour laisser la place à une enquête de terrain à travers les étendues glacées parcourues de long en large. J’ai apprécié le côté un peu didactique de ce livre qui demeure un divertissement avant tout. Je ne connaissais pas grand chose de la culture sami, et ce roman a comblé mes lacunes. Il se révèle très fidèle à l’histoire de ce peuple et à ses coutumes. Avec bien sûr ses combats « modernes », ses déchirements et ses luttes pour continuer d’exister. Le combat pour les ressources minières, avec sa profusion de « gadgets » ultramodernes ajoute une dimension technologique à l’histoire, renforçant la thématique du combat entre tradition et modernité.

Laissez vous charmer par cette belle histoire portée par l’envoûtante poésie de ses joiks, les chants traditionnels du Grand Nord.

Ajoutez à cela une intrigue policière bien ficelée,  et vous obtenez un beau roman, idéal donc pour se divertir et s’enrichir l’esprit.

 

 

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Te laisser partir

Bonjour tout le monde!

LesEcritsdAlex vous présente ses meilleurs voeux pour 2019!

En ce début d’année, j’ai prévu de nouvelles rubriques pour le blog, qui est d’ailleurs en pleine refonte. Parmi les nouveautés, il en est une qui, je l’espère, vous plaira : mes critiques de livres. Il y en aura pour tous les goûts: littérature blanche, science-fiction, polar…

Je débute donc par une première critique : « Te laisser partir » de Clare Mackintosh

4ème de couverture:

Un soir de pluie à Bristol, un petit garçon est renversé par un chauffard qui prend la fuite. L’enquête démarre, mais atteint rapidement son point mort. Le capitaine Ray Stevens et son équipe n’ont aucune piste. Rien. Après cette nuit tragique, Jenna a tout quitté et trouvé refuge au pays de Galles, dans un cottage battu par les vents. Mais plus d’un an après les faits, Kate, une inspectrice de la criminelle, rouvre le dossier du délit de fuite. Et si l’instant qui a détruit tant de vies n’était pas le fait du hasard ?

Ce que j’en pense:

C’est une belle surprise que ce livre. Je l’ai choisi un peu par hasard, et je l’ai dévoré en deux jours!

Il s’agit donc d’un roman policier paru début 2016, inspiré de faits réels. Ecrit par une policière, il m’a charmé par son aspect intimiste et psychologique. Il aurait très bien s’agir d’un roman de littérature blanche sans intrigue policière. Mais c’est bien d’un policier dont il est question.

Vous ne trouverez pas de longues procédures policières dans ce roman, mais une plongée vertigineuse dans le psychisme des personnages, avec une focalisation à la première personne. Ces « Je » savamment alternés confèrent de la profondeur et une grande subtilité aux personnages, sans manichéisme. Il permet une bonne immersion dans l’histoire et rend les personnages attachants. L’héroïne suscite une grande identification et beaucoup d’empathie.

La thématique principale du couple est bien cernée. Le sujet principal est intéressant, et traité avec finesse et nuances. Le thème est exploré à différents niveaux, dans les relations de quasiment tous les personnages, sous différents angles. Les intrigues secondaires viennent ainsi illustrer le message de l’auteure, avec cohérence et profondeur. Elles permettent une meilleure compréhension des motivations des personnages.

L’intrigue est très bien menée, jusqu’au coup de théâtre final.

Le contexte est bien choisi. Il vient encore renforcer la cohérence de l’histoire.

Le premier quart de l’intrigue peut paraître un peu lent et plat, mais à la lumière de la seconde partie, on comprend les intentions de l’auteure et la construction du livre prend alors tout son sens.

Ce livre a connu un succès immense en Grande-Bretagne et obtenu le PrixPolar 2016 du roman international au festival de Cognac.

 

 

 

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Balzac, ce géant aux ailes brisées

Le mois dernier, j’ai lu la Biographie de Balzac, par Stephan Zweig.

Un sacré choc.

Je savais, comme tout le monde, que c’était un bourreau de travail, mais j’ignorais à quel point. Ce géant la littérature travaillait seize heure par jour, édifiant en deux ou trois ans de labeur acharné ce que tout écrivain « moyen » écrirait en l’espace d’une vie entière.

Balzac représente pour moi le « forçat des lettres », enchaîné à sa table de travail comme un condamné à mort à sa geôle. Chez lui, point de « loisirs », point de « vacances ». L’homme ne s’accordait qu’une heure de pause par jour pour se détendre. Il se rendait alors dans les salons à la mode pour parler (trop fort), et se montrer (en dépensant des fortunes dans des vêtements et accessoires, comme sa fameuse canne qui lui a coûté plus de sept cents francs, une petite fortune à l’époque).

Balzac observait une routine immuable, même lorsqu’il se rendait chez des amis ou des femmes: couché à 18h, il se faisait réveiller à minuit, endossait son costume large et se mettait au travail. Il écrivait jusqu’à 8h, sans pratiquement faire de pause, si ce n’est pour mettre en route la cafetière et boire l’une de ses 50 000 tasses de cafés qu’il aura consommées pour édifier les 52 romans de sa gigantesque Comédie Humaine. Mais le labeur de la journée n’était pas achevé. Il recevait alors de la part de ses imprimeurs les épreuves, c’est-à-dire les pages dactylographiées de la veille. En même temps, ses manuscrits du jours partaient pour l’imprimerie. Le reste de la journée était consacré à la réécriture.

Enfin, il s’octoyait une petit pause.

Son organisme n’a supporté ce régime-là « que » durant une vingtaine d’années. Il nous laisse d’impérissables  chefs-d’oeuvre: Les Illusions Perdues, La Peau de chagrin, Eugénie Grandet, la Cousine Bette, le Colonel Chabert, et tant d’autres romans.

Et vous, que seriez-vous capable de faire, en tant qu’artiste, entrepreneur, chercheur, en suivant une telle routine, ne serait-ce qu’en consacrant le dixième du temps employé par Balzac pour édifier son oeuvre?

 

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Seven Sisters, un film de SF efficace mâtiné de thriller

Je suis allée un peu au ciné ces derniers temps, et parmi les films qui ont retenu mon attention, il y a eu 7 Sisters, un film sorti le 30 août 2017 de Tommy Wirkola. Les principaux acteurs sont Noomi Rapace, une actrice que j’avais déjà pu apprécier dans d’autres films, ainsi que Glenn Close et Willem Dafoe.

Mais d’abord, voyons de quoi parle Seven Sisters

2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman (Glenn Close). Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman (Willem Dafoe) décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman (Noomi Rapace). Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…

Ce que je pense de Seven Sisters

Je vous préviens tout de suite, à force d’écrire et de visionner de la fiction, j’ai la (fâcheuse?) tendance à anticiper le déroulement voire la fin des films. Sauf que là… Je suis restée bluffée! L’intrigue est tout simplement géniale, la fin surprenante. Amateurs de thrillers efficaces, ce film est résolument pour vous.

Ce que vous trouverez dans Seven Sisters

Tout d’abord, de l’action. Les scènes d’action sont nombreuses et bien rythmées, la tension permanente et le rythme très soutenu.

Les acteurs ne sont pas si nombreux, car Noomi Rapace joue chacune des 7 soeurs, du coup on apprécie sa vaste palette de jeu. Elle sait incarner chacune des soeurs, car si elles sont identiques, elles ont chacune leur personnalité. Un joli numéro d’acteur, donc.

Il s’agit d’un film d’anticipation à petit budget, mais les décors et l’atmosphère de cette Terre surpeuplée sont très crédibles et bien rendus, portés par la musique efficace de Christian Wibe (qui a signé aussi Dead Snow 1 et 2).

La thématique des personnalités partagée est intéressante et constitue le nerf du film. A mon sens pas assez exploitées, ce qui est dommage. Le film pêche par un trop grand mélange des genres (SF, action/ thriller,psycho, politique) au bout du compte, ce qui le rend un peu superficiel (même la petite romance de rigueur n’a pas été oubliée).

Un film efficace donc, malgré ses défauts, qui constitue un bon divertissement pour adulte (à déconseiller aux moins de 12 ans).

 

 

 

 

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Liane Miorarty: le secret du mari

Séduite par les critiques aussi nombreuses que dithyrambique sur Le secret du mari, je me suis plongée dans la lecture de ce roman qui me change un peu de mes lectures habituelles, plus orientées SF et polar.

J’avoue que je n’ai pas été déçue.

Voici la quatrième de couverture:

Jamais Cécilia n’aurait dû trouver cette lettre dans le grenier. Sur l’enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : »A n’ouvrir qu’après ma mort ». Quelle décision prendre? Respecter le voeu de John-Paul, qui est bien vivant? Ou céder à la curiosité au risque de voir basculer sa vie ? Tous les maris – et toutes les femmes – ont  leurs secrets. Certains peuvent être dévastateurs.

Ce que j’en pense:

On se dit au début qu’il s’agit d’un roman à l’eau de rose sur fond de ventes tupperware et de famille modèle (avec père attentionné, petites filles modèles et femmes modernes hyper-actives) façon Desperate Housewives. C’est drôle, léger, bien écrit, mais  l’auteur, mine de rien, pose ses pions un à un. Nous suivons ainsi l’histoire de trois familles où les femmes sont à l’honneur, et c’est au début un peu cliché (une femme trompée par son mari, une mère qui ne fait pas le deuil de sa fille assassinée il y a presque vingt ans). Mais voilà, il y a l’histoire de cette lettre, et c’est là le coup de génie de l’auteur qui confère au roman une dimension tragique et éthique. Un souffle inédit qui remet tout en perspective.

Cécilia ouvrira-t-elle la lettre? Car son mari a bien spécifié: « A n’ouvrir qu’après ma mort ».

Les personnages se croisent, les destins se nouent.C’est plein de rebondissements, et l’on se dit que « ça n’arrive pas qu’aux autres ». Car il suffit de pas grand chose pour que tout bascule.

Un seul bémol: je trouve le début un peu long, le temps que Cécilia ouvre la lettre de son mari. Ses atermoiements (« Je l’ouvre? » « Je l’ouvre pas? »), sont un peu lourds et agaçants.

Si comme moi vous êtes intrigué par ce Secret, cliquez sur le lien ci-dessous pour le découvrir:

 

 

 

 

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La Compagnie des Glaces

J’étais tombée dedans au début des années 2000. J’avais adoré cette série. Aujourd’hui, je la relis. Elle comporte tout ce que j’aime dans la SF : de l’aventure, du suspense, du dépaysement. Bref, de la vraie bonne SF d’anticipation.

Je veux parler de la Compagnie des Glaces, la plus grande série de SF jamais publiée par un seul auteur.

Or, il se trouve que la saga est en train d’être rééditée, pour le plus grand bonheur des amateurs!

Résumé:

Alors que la Terre a subi la « Grande Catastrophe » climatique à la suite d’une explosion de la Lune , le monde est recouvert par les glaces. Des compagnies ferroviaires toutes-puissantes se le partagent et dictent leur loi. Cette nouvelle ère glaciaire voit apparaître  Hommes Roux, une nouvelle espèce d’hommes qui sont « capables de résister à des températures de moins quarante ». Les Humains qui ont survécu se voient contraints de vivre des villes sous globe reliés par le rail.

Episodes et séries

La série a été écrite par G.J Arnaud, un auteur français, et publiée de 1980 à 1992, puis de 2001 à 2005 (98 épisodes tout de même…)

Elle comprend La Compagnie des Glaces parus chez Fleuve noir, jusqu’au numéro 36 dans la collection Anticipation, ainsi que les Chroniques glaciaires qui parlent de la genèse de ce monde et qui se situent avant l’histoire de Lien Rag, un des personnages principaux de la série.

Enfin, la série Nouvelle époque fait suite à la Compagnie des Glaces et reprend les mêmes personnages que celle-ci.

Ce que j’en pense:

Amateurs de séries au long cours, celle-ci est faite pour vous! On devient vite accro aux aventures de Lien Rag, de Yeuse, du gnome et des Roux. Rebondissements incessants, personnages hauts en couleur et originaux (avec une mention spéciale pour le « Gnome », très loin des stéréotypes). Le mélange des genres ouvre sans cesse l’histoire : de la SF et de l’anticipation, mais aussi de l’espionnage, du polar, du roman noir et du feuilleton, sans oublier les intrigues amoureuses et  politiques.

La richesse de l’univers créé par l’auteur nous offre un dépaysement sans cesse renouvelé. Mais les amateurs de série aimeront aussi la familiarité des lieux qui reviennent et qui nous font prendre nos marques. En douceur, J. G Arnaud plante le décor, sans jamais surcharger la lecture qui reste fluide.

Sans oublier la touche d’humour et les scènes de sexe qui émaillent la narration.

Pour ceux qui n’auraient pu se procurer la version d’origine chez Fleuve Noir, la série est actuellement rééditée aux éditions  French Pulp Editions.

Vous pouvez vous procurer les deux premiers épisodes du livre en cliquant sous le lien ci-dessous:

La compagnie des glaces 1 & 2

 

 

 

 

 

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