juin 24

Cet homme est un psychopathe! Créer un « méchant » crédible

Image par ErikaWittlieb de Pixabay

En tant qu’auteure, je suis fascinée par la psychologie, et en particulier par toutes ces petites et grosses déviances qui permettent d’enrichir la personnalité d’un personnage. S’il est assez facile de dresser le portrait du « méchant » dans une histoire, rien de bon ne peut sortir sans un minimum de recherche qui permet au personnage de « sonner juste ».

Pour mon dernier roman (bientôt disponible, inscrivez-vous à la newsletter pour connaître la date officielle de parution et obtenir une nouvelle gratuite), je me suis donc penchée sur ces individus qualifiés de « psychopathes ». Qu’est-ce qu’un psychopathe? Quels sont ses traits de caractère?

Psychoptahie: définition

Psychopathe, sociopathe, tueur en série, les termes ne manquent pas pour qualifier une personnalité plus ou moins perçue comme dangereuse. Pourtant, le terme revêt une signification bien précise, loin des films et des clichés.

Le psychopathe est une personne qui tranche par son comportement en apparence normal et sa remarquable capacité à n’éprouver aucune empathie, amour, culpabilité et sensibilité. Guidé par son seul plaisir, le psychopathe  a du mal à tisser des liens sociaux.

Les 5 signes qui permettent de repérer un psychopathe

  • Le psychopathe ne fait preuve d’aucune empathie et se montre et indifférent à la souffrance des autres, insensible.
  • Le psychopathe est narcissique et égocentrique. Le monde tourne autour de sa personne et il s’imagine et se considère plus intelligent que les autres. Il surestime ses capacités. Il est peu fiable et indifférent à l’opinion des autres, les rabaisse et les humilie. Il manipule et trompe l’autre sans aucun état d’âme.
  • D’un calme olympien, le psychopathe gère les situations stressantes avec décontraction et froideur.
     
  • Sûr de son charme, le psychopathe est le type même du séducteur et du beau parleur.
     

Dénué d’empathie, il n’éprouve aucun remords ni regret pour ses crimes ou pour la souffrance qu’il inflige aux autres.

Créer un « méchant » crédible

Voici quelques pistes pour créer un antagoniste psychopathe mémorable dans une oeuvre de fiction

  • Pensez aux personnes de votre entourage, et examinez ses défauts. Pouvez-vous accentuer son côté malsain et/ou vilain et l’imaginer dans votre fiction? Comment réagit-elle en gardant à l’esprit les points vus plus hauts?
  • Imaginez une scène du passé de votre personnage. Essayez de penser à son enfance, puis à son adolescence. Y a-t-il un événement terrible qui a représenté un tournant dans sa vie et modifié sa personnalité en profondeur?
  • Personne n’est ni tout blanc ni tout noir, même les psychopathes! Essayez de nuancer votre personnage. Quels sont ses bons côtés?

1-  Cernez votre type d’antagoniste : une personne ordinaire, une célébrité, un criminel notoire ? Examinez ses échecs  et ses faiblesses. Quel mal a-t-il fait ?

2- Etudiez le caractère de vos connaissances, en particulier leurs mauvais côtés. Quelles personnes seraient-elles si leurs faiblesses étaient exagérées et plus fortes que leurs traits positifs ?

3- Approfondissez le passé de votre vilain. Quels évènements terribles a-t-il subis et provoqués ? Certains antagonistes sont de simples fauteurs de troubles, d’autres sont des psychopathes. A quel niveau se situe le vôtre ?

4- Identifiez la source de ses actes : pourquoi en est-il arrivé là ?

5- Entretenez le suspense sur ses actes et sa possible évolution : la gestion des limites d’un personnage est toujours captivante pour le lecteur !

6- Nuancez le caractère de votre antagoniste : les vilains les plus intéressants sont les plus complexes. Une personnalité ambiguë ajoute de la profondeur et du réalisme. Réfléchissez donc à ses bons côtés.

7- Donnez-lui une voix et un physique distincts : travaillez précisément les dialogues pour faire mieux connaître cet antagoniste. Ses manières, son apparence et sa façon de parler sont autant d’éléments importants pour lui donner vie.

8- Examinez les différentes sources d’inspiration possibles, telles les antagonistes des films et des livres. Soyez critique envers elles, votre jugement sur votre création n’en sera que plus approfondi.]

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juin 1

Comment créer de très bons personnages grâce aux contrastes

Cette image est inspirante, n’est-ce pas? Pas seulement parce que je trouve cette femme et cette photo magnifiques, mais aussi parce qu’en tant qu’auteure, elle me fait penser à un éventuel futur personnage pour une histoire.

Du moins, c’est ainsi que j’aurais procédé par le passé: contempler cette photo et essayer d’imaginer la vie de cette femme, son passé et son présent, son métier, sa personnalité, sa condition, des bribes de son passé.

C’est un bon début.

Mais aujourd’hui, j’ai envie de créer des personnages en suivant une autre approche, une approche un peu éloignée de ma zone de confort littéraire.

Mes types de personnages préférés

Dans Au-delà de l’Horizon, j’ai voulu partir en exploration des différences. Différences de nationalités, différences entre espèces, différences entre les siècles. Mes figures féminines étaient du genre courageuses, vindicatives parfois, belles et audacieuses. Mes personnages masculins étaient plus torturés, souvent introvertis, timides, avec plus de difficultés d’adaptation.

Dans mon recueil de nouvelles, j’ai voulu mettre en lumière des personnages qui illustrent des thématiques variées, telles que la jalousie, l’indépendance, l’anticonformisme, l’intelligence poussée.

Comment j’envisage la suite

Aujourd’hui, j’aimerais mettre en scène dans mon prochain livre des personnages plus complexes, parfois pathologiques dans leurs relations, que ce soit entre eux, envers le sexe opposé ou envers leurs enfants. J’ai donc cherché à complexifier les relations pour que ça fonctionne. A dérouler le fil de leur psychisme. A aller à la pêche aux idées. Mais surtout, à chercher en moi et en observant les autres, ce qui me met en colère, m’attendrit et me révolte. Cette façon de faire m’a paru plus crédible, plus juste émotionnellement que de griffonner des pages et des pages de biographies de personnages. Mais ce qui m’a le plus apporté et qui a nourri mon écriture comme jamais auparavant, ce fut de créer du contraste.

Une autre voie

Là où c’est devenu très intéressant, c’est quand j’ai commencé à raisonner en termes de « duos ». Il y a dans chaque roman, dans chaque oeuvre littéraire, des personnages qui fonctionnent par « paires ». Et là, je ne parle pas que des couples (bien que les couples entrent dans cette catégorie), mais bien de tout type de relations, qu’il s’agisse d’amitiés, de relations parents-enfants, de protagoniste vs antagoniste, de partenariats professionnels et autres.

Mon but: créer du contraste entre la personnalité de chacun de ces duos. Pour parler clairement et donner quelques exemples: il est manuel/ elle est intellectuelle; il adore les enfants/ il les déteste; elle est dépensière, il est économe; elle aime danser, il préfère le ciné; il est confiant, elle est pessimiste.

A partir de là, créer du conflit devient beaucoup plus facile! Car sans conflit, pas de bonne histoire. Ça peut paraître simpliste comme procédé, mais c’est très efficace! Les caractères opposés s’attirent et un fort contraste crée une très forte dynamique relationnelle.

Comment créer du contraste

Quels éléments faut-il contraster pour obtenir du conflit?

Alors là, vous avez le choix. Vous pouvez prendre quelques-uns des éléments ci-dessous, mais plus vous les cumulerez, plus vos personnages et vos sources de conflits seront riches. Voici ces éléments :

  • La personnalité et le type psychologique: introversion/extraversion; intuition/réflexion; esprit d’analyse/esprit de synthèse, etc.
  • Les ambitions
  • Les motivations
  • Le bagage culturel
  • La classe sociale
  • Les désirs
  • Les buts
  • Les valeurs
  • Les attitudes

Créer des personnages à partir de ces oppositions m’a permis de conscientiser mon écriture, qui est devenue plus cohérente par la même occasion.

Et comme je vous l’affirmais plus haut, pouvez appliquer ce processus à tout type de relations.

Cette méthode fonctionne particulièrement bien lorsque vous créez une série. Une série littéraire repose en premier lieu sur les relations entre les personnages. Faire rebondir ces relations sans cesse, d’un épisode à un autre est la clé pour que la série fonctionne. Introduire de nouveaux personnages à chaque épisode (bien qu’il puisse y en avoir de temps en temps tout de même), n’est pas une bonne idée. En revanche, introduire les mêmes personnages, les rendre suffisamment riches, créera à coup sûr du rebond et des péripéties. D’où l’intérêt de bien les caractériser.

Et vous, quels genres de personnages aimez-vous croiser dans vos lectures? Si vous êtes auteur, avez-vous déjà utilisé la méthode du contraste?

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juillet 3

Changements

Je me promenais le mois dernier pour profiter de la fraîcheur du soir quand je suis tombée sur un couple en train de déposer des meubles dans la rue. Les meubles étaient vieux et cassés, et j’ai pensé à une histoire de déménagement. Changement de saison, changement d’air, changement de vie. Le changement est partout en ce moment, en particulier dans les personnages des histoires de fiction qui sont, pour les principaux, bien différents entre le début et la fin d’une histoire.

Je pense qu’une bonne histoire ne peut se passer du changement. Le changement comme moteur d’évolution. Même une fiction basée sur l’action ou la création de monde (comme dans la SF et la Fantasy), ne peut faire l’économie de personnages qui subissent une transformation.

Quand je pense à mes personnages, je n’ai pas besoin de faire quinze pages de biographie, de savoir s’ils ont été élevés au sein ou au biberon, mais je me force à trouver leurs failles, leurs ambivalences, leurs contradictions, et leurs plus grandes peurs. Leurs goûts et leurs petites manies se développeront ultérieurement, au moment du premier jet, lorsque je découvrirai « pour de vrai » mon histoire.

Après, il n’y a plus qu’à appuyer « là où ça fait mal ». Là où le lecteur va se dire « il ne s’en sortira pas vivant, il est cuit ». Pousser le personnage dans ses retranchements fait partie du côté « sadique » de l’écriture. Car comme disait Nietzsche « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts ».

Un peu comme dans la vraie vie, finalement, n’est-ce pas?

La vie qui est transformation, la vie qui, parfois, nous met la tête sous l’eau. Avec dans l’idée – spirituelle – , de nous éprouver, de nous inculquer des leçons, de nous mettre face à un gigantesque gouffre. Mais un mal nécessaire. On n’est pas là pour passer son temps affalé dans le canapé. Il fait boire la tasse avant de siroter l’hydromel.

Il est intéressant de voir comment les personnages de romans peuvent nous en apprendre sur la nature même de la vie. Finalement, il ne s’agit que de déployer ses dons et son intelligence pour éprouver cet élan que les tout jeunes enfants sentent pousser en eux lorsqu’ils grandissent et apprennent. Les bonnes histoires contiennent en germe des grandes possibilités de croissance. Je suis musicien mais j’ai peur de me produire sur scène. Je suis amnésique et je fais un bond de huit cents ans dans le futur (cf Au-delà de l’Horizon), je suis un garçon de 9 ans qui rêve d’un petit frère, mais je reste seul jusqu’au jour où… (cf ma nouvelle Un Petit frère tant attendu, vainqueur du concours de nouvelles Youboox).

Et vous, quelles sont vos plus belles expériences de transformation?

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novembre 19

L’ambition, une force de vie

L’ambition… un mot qui résume bien les héros de romans. Un mot qui fait et défait des carrières, qui influence le compte en banque et qui crée des Balzac.

Et qui n’a rien à voir avec l’âge. Il existe des jeunes effrayés à l’idée de prendre leur vie en main et des septuagénaires en train de monter leur énième entreprise.

Cette notion est au coeur de l’écriture et de la création de personnages. Elle m’a animée lors de la création de Francis Cazenave et de son fils Antoine, elle m’a aidée à camper des personnages hauts en couleur et poussés par une farouche envie d’aller au bout de leur quête.

Elle crée des personnages bien vivants, mémorables. Elle permet à l’histoire de  commencer, de prendre de l’amplitude et d’aller à son terme inéluctable.

Elle m’évoque ce brin d’herbe qui pousse entre les pavés des villes, et que rien n’arrête. Elle est une force de la nature.Elle est la vie elle-même.

Loin de l’image de l’homme aux dents qui rayent le parquet, l’ambition peut être une volonté de se prouver quelque chose à soi-même. Un sportif qui dépasse son meilleur score, un guerrier qui vainc l’ennemi, un musicien qui répète des heures durant pour livrer sa meilleure performance. Un étudiant qui prépare un concours et qui se souviendra des années plus tard de ces heures passées à apprendre,  à se former l’esprit, à acquérir des méthodes de travail et une culture qu’il n’aura plus le temps d’explorer avec autant de passion.

Un Balzac qui travaille quinze heures par jour et qui nous lègue les plus belles pages de la littérature française.

L’ambition est démesure, certes, mais elle permet la réalisation de soi, l’épanouissement. C’est grâce à elle qu’il est possible de vivre ses rêves, de donner du sens à son existence, de découvrir ses valeurs et leur donner forme. Elle façonne l’avenir. Elle s’appuie sur une vision, qu’elle transforme en projets, puis en actes. L’ambitieux est résolument tourné vers l’action et se nourrit d’une vision.

Pour l’écrivain, elle est essentielle. Le cheminement pour aller au bout d’une histoire ne se fait pas sans passion ni ambition. Ecrire et entreprendre une carrière dans l’écriture exigent de la ténacité et une discipline exceptionnelles. Sans un minimum d’ambition, l’apprenti écrivain abandonnera en chemin. (Pour ceux qui cherchent la motivation pour écrire ou qui l’auraient perdue en cours de route, je vous suggère de vous rendre sur le blog passion d’écrire)

Et vous, cher lecteur, quelles sont vos ambitions? Aimez-vous les personnages de romans portés par une ambition forte? Etes-vous attiré par les personnes qui rayonnent d’ambition?

 

 

 

 

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octobre 22

Humeurs littéraires

Francis et Antoine. Un père et son fils. Il m’a fallu 469 pages pour bien cerner cette relation. Pour faire passer amour, rivalités, rancœurs et transformations.

Au début, le roman était plutôt teinté d’aventure, avec pour cadre un contexte futuriste : la Terre recouverte par les eaux, le voyage au-delà des océans, la rencontre avec des êtres étranges, mi-hommes mi-bêtes.

Petit à petit, alors que le paysage et les décors se dessinaient dans ma tête, la nécessité d’explorer plus avant les personnages m’apparut comme essentielle.

Pourquoi cette opposition tenace entre cet homme mûr et cet adolescent taciturne et rancunier ? En raison d’un père qui ne parvient pas à affirmer son autorité ? À cause du manque de présence de celui-ci, dans le monde « d’avant » ? Ou simplement parce que Francis n’appartient pas à ce genre très en vogue des « pères modernes », qui s’ingénient à « materner » leur progéniture ?

Il m’a fallu du temps et de nombreuses pages pour d’abord ébaucher, puis faire se déployer et enfin amorcer l’évolution de ces personnages. Et je suis contente d’avoir accompli ce travail.

(À ce propos, je vous renvoie vers un excellent billet de blog à cette adresse : https://www.voyage-yukon.net/citytrip-lens/ où Cédric, l’auteur, nous fait partager une belle et touchante expérience qu’il a vécue avec son fils.)

J’aime lire et écrire des romans dits « de genre », mais je déplore parfois que les auteurs se concentrent uniquement sur la création de monde (dans la SF et la fantasy) ou sur l’intrigue et les éléments de procédure policière (dans les polars). J’aspire à construire des livres davantage centrés sur les personnages, porteurs de transformation et suscitant l’empathie du lecteur, même si le décor, le contexte demeurent primordiaux et incontournables !

Je suis très loin de m’attribuer une réussite absolue dans cette pratique, mais bien souvent, je reste un peu sur ma faim à la lecture de certaines œuvres de l’imaginaire. En tant que lectrice, j’ai besoin de vibrer et de frissonner, de rire et de pleurer, et un combat à coups de sabres lasers échoue la plupart du temps à provoquer en moi ces affects.

Alors, à quand un remake de la « Princesse de Clèves » sur Mars ?

Pour découvrir la relation de Francis et Antoine et passer un moment riche en émotion et en divertissement, procurez-vous Au-delà de l’Horizon !

 

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