juillet 27

Libérez votre créativité: les 3 exercices phares du livre de Julia Cameron

S’il y a bien un livre qui parle aux auteurs dont je fais partie, c’est bien celui de Julia Cameron, Libérez votre créativité, considéré comme la bible des artistes.

Dans ce livre, l’auteure nous convie, nous les artistes, à reconquérir notre créativité en levant les blocages qui, souvent, nous ont fait renoncer à nos rêves.

Elle propose des exercices étalés sur plusieurs semaines pour redécouvrir notre enfant-artiste et lui donner enfin la permission de s’exprimer, quel que soit le canal.

Peut-être l’avez-vous lu, mais avez-vous fait les trois exercices que l’auteure préconise dans ses leçons? Car Julia propose, en plus des exercices qui émaillent les semaines, de se livrer à trois pratiques récurrentes afin de partir à la reconquête de sa créativité.

Voici un petit rappel de ces trois exercices, que vous pouvez faire également si vous n’avez pas lu le livre (mais que je vous recommande de vous procurer par ailleurs).

Les pages du matin

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Julia recommande dans son livre de se livrer à cet exercice chaque jour. Mais de quoi s’agit-il?

Il s’agit pour tout auteur ou artiste de pratiquer un exercice d’une durée de trente minutes à peu près, qui consiste à rédiger à la main trois pages au saut du lit.

Ces pages n’ont pas vocation à être des pages structurées et élaborées. Il n’est pas question ici de se mettre à écrire une histoire ou quoi que ce soit de construit (bien que cet exercice m’ait permis de trouver de nombreuses idées pour mes oeuvres!). Ici, le but visé est de remplir ces pages au fil de la plume, sans trop réfléchir. L’objectif est de coucher sur le papier ce qui vient à la conscience, comme cela vient. De la même manière, Julia recommande de ne pas se soucier de l’orthographe ou de la grammaire.

Les pages peuvent être belles ou plaintives, ou mettre en lumière un problème récurrent. Elles se révèlent parfois banales (« Que vais-je manger à midi »? ) ou plus profondes et analytiques (« Pourquoi mon personnage de Lisa ne fonctionne pas dans ma nouvelle? »). Quoi qu’il en soit, grâce aux pages du matin, il est rare qu’un problème ne trouve pas sa solution.

Vous rédigerez donc ces trois pages chaque matin, idéalement sept jours sur sept, sans les relire. (Mais vous pourrez les relire plus tard pour noter les redondances, les points qui vous obsèdent et découvrir là où « ça coince »)

Il ne vous reste plus qu’à vous procurer un joli cahier ou, si vous êtes comme moi (je rédige ces pages depuis des années!), sur des feuilles quadrillées d’étudiants.

Le rendez-vous d’artiste

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Cet exercice de créativité consiste à s’octroyer une pause de deux heures une fois par semaine pour un temps de découverte et de renouvellement créatif. Un temps qui sera distrayant et pas forcément cher. La visite d’une église, une longue promenade en forêt, un magasin de bricolage, un concert, un musée, etc.

Ces rendez-vous vous feront expérimenter la résistance. Julia conseille d’inscrire ce rendez-vous dans un agenda et de ne pas y déroger. Il est également question de s’y rendre seul.

Ces rendez-vous visent à « remplir le puits ». La pratique créative est exigeante et nous fait vider le puits. Il nous faut accueillir de nouvelles images, de nouvelles sensations, de nouvelles idées pour que notre création soit plus riche et renouvelée. Voilà la fonction de ce second exercice de créativité.

La marche quotidienne

Image by David Mark from Pixabay

Ce dernier exercice vise à trouver de nouvelles idées, à chercher des solutions. Il s’agit de partir pour une marche de 20 minutes, à raison de deux fois par semaine.

Julia confie dans un autre de ses livres qu’elle part ainsi tous les jours marcher, avec ses chiens, et que ce rituel lui est très bénéfique.

Comme le disait Diogène, « Solvitur ambulando », « C’est en marchant qu’on trouve la solution ».

Que diriez-vous d’essayer de mettre tout ceci en pratique? (Et n’hésitez pas à faire part de vos expériences dans les commentaires!)

octobre 31

Un auteur peut-il être original?

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Le moment où j’ai voulu être originale

Il y a quelques années, j’ai écrit un roman de science-fiction postapocalyptique sur le thème de la survie en milieu aquatique. À l’époque, ceux à qui j’en parlais me demandaient si j’avais vu le film « Waterworld » (un film sorti en 1995 avec Kevin Costner), dont l’action se déroule également sur Terre, une terre dont les pôles ont fondu et qui se est recouverte par les eaux.
À l’époque, je répondais invariablement à mes proches « Non, je ne veux pas visionner ce film, j’ai trop peur qu’il m’influence et qu’il influence mon écriture ». Car voyez-vous e voulais à tout pris être originale.
J’ai terminé l’écriture de mon roman.
Et aujourd’hui, j’ai enfin visionné le film.
Je dois dire que j’ai été très intéressée par le traitement du thème de ce film. Il est en effet très similaire au thème de mon roman, même si ma propre oeuvre ne se déroule pas sur un monde entièrement recouvert d’eau. (« Seulement » 70 % des terres sont immergées)
C’est alors qu’une réflexion m’est venue, traitant de l’inspiration.
Comme vous avez peut-être dû le lire ou l’entendre, les créateurs de fiction s’accordent à dire qu’il existe peu de thèmes à traiter en fiction, que tous les grands thèmes, tels que l’amour, la mort, la vengeance, la liberté, ont déjà été traités un nombre incalculable de fois par les écrivains, les dramaturges, les cinéastes, bref, les auteurs de fiction.
Donc, au fur et à mesure que j’avançais dans le film, je me suis demandé comment, moi, j’avais traité mon sujet de la Terre envahie par les eaux par rapport aux auteurs du film.
Et j’ai été très étonnée.

Originale, vous avez dit originale?

Alors que je n’avais aucune information sur le film au moment de l’écriture d’Au-delà de l’Horizon, j’ai retrouvé énormément de thématiques, de détails et d’idées similaires entre les deux œuvres.
Par exemple :
• Les deux œuvres sont à la recherche d’une Terre promise. Elle prend la forme d’une île avec de la vraie « terre » où poser ses pieds dans Waterworld, alors que dans mon roman, elle se situe sur une planète inconnue. Mais dans les deux cas, il s’agit bien d’un endroit où vivre, et si possible, vivre mieux.
• Dans les deux fictions, des humains aux allures de « poissons » apparaissent : Kevin Costner a des branchies qui lui poussent derrière les oreilles, alors que dans mon roman, des êtres mutants se voient dotés de pieds palmés et également de branchies.
Au-delà de ces similitudes, ce qui m’interpelle est la chose suivante :
Comment un auteur trouve-t-il ses idées et arrive-t-il à être original en partant du principe que les mêmes causes produisent les mêmes effets ?
Tout comme il y a une logique du langage (ce que nous enseigne la grammaire avec son « sujet-verbe-complément »), y a-t-il, pour citer Gianni Rodari, un spécialiste de la création littéraire, une « grammaire de l’imagination » ?
Et pour creuser un peu plus, cette grammaire de l’imagination, d’où nous vient-elle ? De l’inconscient collectif, comme a nommé le psychiatre Jung la mémoire de l’humanité ?
Oserais-je dire, en me basant sur ce qui a été dit plus haut, qu’il y a également une grammaire de la création ? Malgré le fait que les auteurs « traitent » les mêmes éternelles thématiques de manière « originale » ?
Mais où se trouve l’originalité dans cette création si mes personnages respirent avec des branchies, tout comme l’avait imaginé le créateur d’un film sorti il y a 20 ans ?
Bon, il semble naturel pour un auteur d’imaginer que les hommes subissent des mutations et qu’ils en viennent à respirer sous l’eau quand on crée un monde futur où l’eau est l’élément terrestre dominant.
Car après tout, la science-fiction, c’est bien de la science avant tout.
Et vous, cher lecteur, si vous aviez écrit cette histoire, auriez-vous doté vos mutants de pieds palmés et de branchies ? Ou auriez-vous inventé quelque chose de complètement différent?
L’originalité, heureusement, existe dans mon livre. Par exemple dans mon traitement du « méchant », qui n’a rien à voir avec la brute épaisse façon corsaire du film. Mon méchant à moi, il est VRAIMENT original.
Mais je ne vous dirai rien aujourd’hui sur ce sujet.
La prochaine fois peut-être.

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