Pollution : où et comment stocker le CO2 ?

Alors que je réfléchis à mon nouveau roman (il s’agira d’une série de SF), j’ai déjà opéré quelques recherches sur la nature et les composés de l’air qui se révèlent d’une actualité troublante. En effet, depuis cinq jours et dans les deux tiers de la France, la pollution est sévère et oblige à des mesures pour la limiter. Ozone, particules fines, diesel, dioxyde d’azote, les polluants de l’air se révèlent particulièrement agressifs.

En revanche, on parle très peu du gaz carbonique, car, selon la française, il n’est pas considéré comme un polluant. Il se révèle pourtant mortel à un certain seuil ! A notre époque, l’air contient environ 0,04 % de CO2. Si l’on dépasse une exposition à 3% plus de 15 minutes, le dioxyde de carbone augmente la fréquence respiratoire et peut conduire, à des seuils supérieurs, à l’évanouissement et à la mort par arrêt respiratoire.

Il devient donc urgent de limiter les émissions de gaz à effet de serre dont le CO2 est responsable à 77%.

Or, des solutions existent, comme celle qui consiste à stocker le CO2 dans d’immenses réservoirs souterrains. Voici comment cela fonctionne.

Piéger le carbone : principes

Alors que le dioxyde de carbone (CO2) est responsable du changement climatique (c’est le principal gaz à effet de serre, avec 30 milliards de tonnes d’émission par an qui sont liées aux activités humaines), les scientifiques disposent de plusieurs moyens pour le capturer, le transporter, et l’injecter.

Piéger le carbone : capture

La première étape consiste à capturer le carbone, c’est-à-dire à l’isoler de l’air ambiant. Pour ce faire, des installations industrielles utilisent trois technologies : la postcombustion (récupération du CO2 dans les fumées), l’oxycombustion (récupération du CO2 par combustion réalisée avec de l’oxygène pur), la précombustion (extraction du CO2 avant la combustion).

 

Piéger le carbone : transport

Une fois le CO2 séparé de l’air, et avant de procéder au stockage, il est nécessaire de le transporter. Cela se fait de deux manières : par pipeline et par bateau. Les pipelines déjà existants peuvent mesurer des milliers de kilomètres.

 

Piéger le carbone : injection

Le principe de stockage consiste à injecter le CO2 dans ce qu’on appelle une « roche réservoir ». Ces roches se trouvent sous la surface de la Terre (on parle de « séquestration géologique ») un peu partout dans le monde, et elles peuvent s’étendre sur des milliers de kilomètres carrés. Elles se trouvent dans des bassins sédimentaires (les aquifères) et dans les gisements pétroliers ou gaziers épuisés.

  • Les aquifères : ce sont des roches poreuses situées à plusieurs centaines de mètres sous la surface de la mer. Leur capacité de stockage est particulièrement intéressante, puisque d’après le GIEC, elle est de l’ordre de 10 000 milliards de tonnes de CO2. On les trouve un peu partout sur la planète.
  • Les gisements d’hydrocarbures : on entend par là également les veines de charbon inexploitées, ou encore les gisements qui arrivent en fin de vie. Bien que le potentiel de stockage soit moindre que dans les aquifères, il est tout de même intéressant.

Problème et défis actuels

Aujourd’hui, il existe de nombreux réservoirs qui seraient propices au stockage géologique du CO2, mais il subsiste des obstacles et des inconvénients, notamment :

  • Les coûts : le stockage est très coûteux en argent et en énergie
  • L’éloignement géographique : les gisements d’hydrocarbure épuisés bénéficient d’une bonne étanchéité, mais ils sont souvent loin et isolés, ce qui nécessite le transport du CO2 sur de longues distances
  • Le manque de connaissances : s’agissant des aquifères, la science et la technologie n’ont pas encore bien maîtrisé le processus, ces aquifères étant pour l’instant mal connus.

Ci-dessous, je vous poste une petite vidéo pour savoir comment, concrètement, réduire ses émissions de C02:

 

 

2 Commentaires

  1. Jean-Louis Fayolle

    Bonjour,
    J’ai lu dans le magazine Science et Avenir, qu’on pouvait immerger le CO2 à plus de 1000 m de profondeur dans l’océan et que le gaz ne pouvait remonter en surface.
    Sinon, dans le même article, il est question d’algues, type pyropia, capables de piéger 65 tonnes de CO2 par hectare.
    Pourquoi ne pas cultiver ce type d’algues et les ramasser avec des bateaux spécialisés, équipés de fanons, sorte de moissonneuses des mers. Ces algues, une fois récoltées pourraient être utilisées soit pour produire du carburant soit mises en énormes bottes et immergées à plus de 1000 mètres de profondeur.
    Pour équilibrer ses émissions de CO2 annuelles, la France devrait cultiver l’équivalent de 10 départements.
    En plus ce algues pourraient nourrir des poissons.
    J’aimerai bien un retour de votre part.
    Jean-Louis

    • Bonjour Jean-Louis,
      Merci pour votre commentaire et désolée pour la réponse tardive.
      En ce qui concerne le CO2 immergé sous l’océan, je ne connaissais pas cette technique, mais elle constitue certainement un excellent procédé pour piéger le CO2. Pour écrire mon livre, j’ai fait de nombreuses recherches et c’est ainsi que j’ai trouvé diverses informations sur le CO2, et la technique consistant à le piéger dans le bois est la plus connue. Mais pourquoi ne pas employer d’autres techniques, en effet. Et quand on pense à la surface de l’océan… ce pourrait être un procédé d’avenir!
      Cultiver des algues pour piéger le CO2, c’est une autre façon de produire une énergie « verte » (si je puis dire), issue de la biomasse, après j’ignore le coût que cela pourrait engendrer, et si ce procédé est à l’étude… Mais il est vrai que je ne suis qu’une modeste auteure qui essaie de donner cohérence et vraisemblance à ses livres!
      Merci en tout cas pour toutes ces précisions, nul doute qu’elles pourraient être à la source de passionnantes histoires de SF !
      Alexandra

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.