Suivre les papillons

L’appel de la forêt…

Le chien, le museau en l’air, suit le papillon. Il fait frais sous le couvert des arbres. Quelle bonne idée de se rendre en forêt!

Nous sommes trois à suivre le sentier : un invité et sa copine, que je ne connaissais pas. Ils ont voulu « aller ramasser des trucs en forêt ». (Le chien m’appartient, mais il refuse de m’obéir tant sa poursuite du lépidoptère le fascine).

Nous voilà donc partis en file indienne dans des bois denses et un rien sauvages. Nous serpentons dans un ordre tacitement défini, c’est-à-dire avec ma personne en tête: je suis censée connaître cette forêt comme ma poche.

Nous progressons ainsi pendant presque une heure. Soudain, je ne retrouve plus le sentier qui me servait de repère. Il s’est transformé en zone d’exploitation pour de jeunes arbres.

— Hercule, au pied!

Mon chien me regarde comme si je le menaçais de lui donner la ration du hamster en guise de pâtée. (Ces deux-là n’ont jamais pu s’entendre).

Les papillons se pressent autour de nous, évitant néanmoins le chien qu’ils devinent habité d’intentions malhonnêtes.

— Heu, tu es sûre que c’est par là? demande André, dont les poils sur ses bras se hérissent.

Le froid? La peur?

Je fronce les sourcils.

— Il me semblait bien que c’était par là… il faut faire demi-tour.

Par réflexe, je consulte mon téléphone portable. Pas de réseau. Presque plus de batterie. D’accord.

Nous marchons encore pendant plus d’une heure, quand soudain Hercule aboie et se précipite droit devant.

— Il a dû sentir encore des papillons! s’exclame André. Je ne crois pas que ça va faire avancer nos affaires…

— Moi, je pense qu’on devrait le suivre, intervins-je. Le mieux, c’est d’aller tout droit. Toujours tout droit. On va bien finir par tomber sur quelque chose!

Enfin, nous arrivons à la lisière du bois, là où la réapparition du bitume revêt une signification extrêmement gratifiante: nous ne nous sommes pas perdus, j’ai réussi à mener ma petite troupe à bon port. Quelle frayeur!

— C’est quoi cette odeur? demande Romane, une fois dans la voiture.

Je me penche en avant, côté siège passager. Un sac en plastique que j’avais oublié là semble animé de vie.

— La vache! c’est un sac de croquettes pour hamster périmées. J’ai oublié de le jeter! Ouvre-le, pour voir, André.

André soupire et se penche, pas très rassuré. Il dénoue délicatement les lanière en plastique. Une nuée de papillons colorés émerge du sac et s’échappe par les fenêtres ouvertes.

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