août 1

Les 4 qualités d’un bon bêta-lecteur

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Entre l’idée de départ et la version définitive de son livre, il existe tout un processus et des étapes incontournables à respecter. Faire relire et examiner son livre par autrui constitue une de ces étapes, appelée « bêta-lecture ».

Qu’est-ce que la bêta-lecture?

La bêta-lecture est une pratique qui consiste à faire relire son livre par un lecteur choisi spécialement pour cette mission. Il peut s’agir d’un de vos proches, d’un complet inconnu, ou encore d’un professionnel. Voici quelques conseils pour bien le choisir.

Choisir un bon bêta-lecteur

Votre bêta-lecteur idéal devra avoir l’habitude de lire. S’il n’a rien lu depuis le lycée, il lui manquera les compétences pour analyser votre texte, vérifier la cohérence des personnages, relever les incohérences. La pratique de la lecture aiguise le regard et permet, grâce au jeu des comparaisons, d’avoir un esprit plus critique.

La bêta-lecture requiert du temps et des efforts. Vérifiez bien que votre bêta-lecteur est près à s’engager dans cet effort afin de vous offrir un retour de qualité.

Proche ou pas proche?

Inutile de solliciter des proches mais qui accepteraient « de vous donner un coup de main ». En réalité, ils n’ont que faire de votre livre, mais il pourraient se montrer flattés par votre demande ou n’oseraient pas vous dire non.

Je sais qu’il est très tentant de se tourner vers des proches, après tout ils vous connaissent bien et vous les connaissez, peut-être même lisent-ils beaucoup (qui se ressemble s’assemble, n’est-ce pas?) Une aubaine, pensez-vous. Je peux vous dire par expérience que c’est un mauvais calcul. Vos proches vont avoir du mal à vous donner un avis objectif. Ils vont la plupart du temps trouver votre livre « formidable ». D’accord. Mais encore? Vous voulez améliorer votre texte ou recueillir des éloges? Certes les compliments font plaisir, mais qu’en sera-t-il quand un blogueur inconnu ou un lecteur lambda relèvera toutes les incohérences de votre bébé? Ça c’était à voir AVANT la publication!

Alors je sais qu’il y a des exceptions: Stephen King se fait relire par sa compagne qui ne lui passe rien. A vous de voir si dans votre entourage il y a quelqu’un de suffisamment objectif pour vous relire…

Un bon bêta-lecteur est un lecteur ciblé

Idéalement, votre bêta-lecteur devra lire dans le genre que vous écrivez (inutile d’envoyer une romance à un bêta-lecteur qui ne lit que de la SF, par exemple). Si,en plus, il a une bonne expérience de lecture dans le genre que vous lui soumettez, il saura quels sont les codes de ce genre, et ce que les lecteurs en attendent et sont en droit d’exiger.

La communication, un outil de plus dans l’arsenal du bêta-lecteur

Votre bêta-lecteur doit être capable de s’exprimer par écrit, pour vous rendre des notes exploitables. S’il ne maîtrise pas un minimum ce mode de communication, il ne sera pas en mesure de rendre un travail objectif, clair et argumenté. Ses remarques doivent être précises, et vous pousser à retravailler votre texte dans le détail grâce au relevé des problèmes particuliers. Souvent, il vous fera ses commentaires par email, ou directement dans le texte, l’idéal étant les deux. Les annotations dans le texte doivent être le plus détaillées possibles. L’Email aura pour fonction de donner une impression d’ensemble.


juillet 27

Libérez votre créativité: les 3 exercices phares du livre de Julia Cameron

S’il y a bien un livre qui parle aux auteurs dont je fais partie, c’est bien celui de Julia Cameron, Libérez votre créativité, considéré comme la bible des artistes.

Dans ce livre, l’auteure nous convie, nous les artistes, à reconquérir notre créativité en levant les blocages qui, souvent, nous ont fait renoncer à nos rêves.

Elle propose des exercices étalés sur plusieurs semaines pour redécouvrir notre enfant-artiste et lui donner enfin la permission de s’exprimer, quel que soit le canal.

Peut-être l’avez-vous lu, mais avez-vous fait les trois exercices que l’auteure préconise dans ses leçons? Car Julia propose, en plus des exercices qui émaillent les semaines, de se livrer à trois pratiques récurrentes afin de partir à la reconquête de sa créativité.

Voici un petit rappel de ces trois exercices, que vous pouvez faire également si vous n’avez pas lu le livre (mais que je vous recommande de vous procurer par ailleurs).

Les pages du matin

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Julia recommande dans son livre de se livrer à cet exercice chaque jour. Mais de quoi s’agit-il?

Il s’agit pour tout auteur ou artiste de pratiquer un exercice d’une durée de trente minutes à peu près, qui consiste à rédiger à la main trois pages au saut du lit.

Ces pages n’ont pas vocation à être des pages structurées et élaborées. Il n’est pas question ici de se mettre à écrire une histoire ou quoi que ce soit de construit (bien que cet exercice m’ait permis de trouver de nombreuses idées pour mes oeuvres!). Ici, le but visé est de remplir ces pages au fil de la plume, sans trop réfléchir. L’objectif est de coucher sur le papier ce qui vient à la conscience, comme cela vient. De la même manière, Julia recommande de ne pas se soucier de l’orthographe ou de la grammaire.

Les pages peuvent être belles ou plaintives, ou mettre en lumière un problème récurrent. Elles se révèlent parfois banales (« Que vais-je manger à midi »? ) ou plus profondes et analytiques (« Pourquoi mon personnage de Lisa ne fonctionne pas dans ma nouvelle? »). Quoi qu’il en soit, grâce aux pages du matin, il est rare qu’un problème ne trouve pas sa solution.

Vous rédigerez donc ces trois pages chaque matin, idéalement sept jours sur sept, sans les relire. (Mais vous pourrez les relire plus tard pour noter les redondances, les points qui vous obsèdent et découvrir là où « ça coince »)

Il ne vous reste plus qu’à vous procurer un joli cahier ou, si vous êtes comme moi (je rédige ces pages depuis des années!), sur des feuilles quadrillées d’étudiants.

Le rendez-vous d’artiste

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Cet exercice de créativité consiste à s’octroyer une pause de deux heures une fois par semaine pour un temps de découverte et de renouvellement créatif. Un temps qui sera distrayant et pas forcément cher. La visite d’une église, une longue promenade en forêt, un magasin de bricolage, un concert, un musée, etc.

Ces rendez-vous vous feront expérimenter la résistance. Julia conseille d’inscrire ce rendez-vous dans un agenda et de ne pas y déroger. Il est également question de s’y rendre seul.

Ces rendez-vous visent à « remplir le puits ». La pratique créative est exigeante et nous fait vider le puits. Il nous faut accueillir de nouvelles images, de nouvelles sensations, de nouvelles idées pour que notre création soit plus riche et renouvelée. Voilà la fonction de ce second exercice de créativité.

La marche quotidienne

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Ce dernier exercice vise à trouver de nouvelles idées, à chercher des solutions. Il s’agit de partir pour une marche de 20 minutes, à raison de deux fois par semaine.

Julia confie dans un autre de ses livres qu’elle part ainsi tous les jours marcher, avec ses chiens, et que ce rituel lui est très bénéfique.

Comme le disait Diogène, « Solvitur ambulando », « C’est en marchant qu’on trouve la solution ».

Que diriez-vous d’essayer de mettre tout ceci en pratique? (Et n’hésitez pas à faire part de vos expériences dans les commentaires!)

juillet 22

Comment préparer une histoire?

Cela fait plus de vingt ans que j‘écris des histoires. Au début, je connaissais certaines choses sur l’écriture (grâce à mes études), mais personne ne m’avait expliqué comment faire pour écrire de façon professionnelle ni comment préparer une histoire. A l’époque, Internet n’existait pas, et il existait peu de livres sur le sujet. Je me suis procuré tous ceux qu j’ai pu trouver, et j’ai prix également quelques cours (par correspondance, et les « devoirs » étaient envoyés et retournés corrigés par la Poste!).

Préparer une histoire, ce n’est pas si compliqué!

Aujourd’hui, je peux dire que les infos ne manquent pas, même si en France il n’est pas vraiment possible de trouver des cours officiels qui forment au métiers d’écrire (contrairement aux Etats-Unis, par exemple, où il existe des cursus d’écriture à l’université).

Dans ce billet, ma tâche sera de vous exposer les meilleures techniques pour apprendre à préparer une histoire, afin que vous puissiez vous concentrer sur l’essentiel et gagner du temps.

Votre boîte à outils

Voici donc notre première étape, cruciale. Je pars de l’hypothèse que vous avez déjà une idée de roman ou de nouvelle. Dans cette phase, il s’agit de vous poser quelques questions pour ne pas vous retrouver « coincé » au bout de trois chapitres, en proie à l’angoisse de la page blanche.

Dans votre boîte à outils, il devrait y avoir:

  • La figure du protagoniste et celle de l’antagoniste
  • Une liste de personnages, avec leurs noms
  • La structure de votre histoire
  • Les recherches en cours et celles à effectuer
  • Une esquisse des scènes
  • Une ébauche de ce que sera votre climax

Examinons chacun de ces éléments l’un après l’autre.

La figure du protagoniste et celle de l’antagoniste

Une histoire se définit par quelque chose qui arrive à quelqu’un. Ce quelque chose doit être important pour lui et difficile à obtenir. L’intrigue naît de cette difficulté et de l’affrontement de ce quelqu’un (le protagoniste) contre des obstacles (incarnés par l’antagoniste).

Toute l’histoire doit se résumer à : « Est-ce que mon protagoniste va réussir sa mission? » Il est essentiel de vous poser cette question au moment de préparer votre histoire.

Le protagoniste est le personnage principal, l’antagoniste est l’opposant (le « méchant » ou une force antagoniste qui peut être psychologique et incarnée par les failles du protagoniste. (Ex: « Je rêve d’être un homme politique, mais je suis tétanisé à l’idée de prononcer des discours ». Votre antagoniste sera cette peur, que votre protagoniste devra vaincre pour réussir (ou rater) sa mission.

Une liste de personnages

Préparer une histoire, c’est aussi commencer à ébaucher une liste de personnages. Pour les imaginer, fiez-vous au contexte.

Par exemple, si votre histoire se déroule dans une menuiserie et que votre protagoniste est un jeune apprenti, demandez-vous qui gravite autour de lui, de manière naturelle. Il aura certainement un maître d’apprentissage, des collègues, une famille. Le maître d’apprentissage aura peut-être une fille de son âge. Peut-être que votre héros l’aimera en secret?

La structure de votre histoire

Ici, il convient de poser les grands jalons.

Vous connaissez sans doute la règle des trois actes au théâtre. La dramaturgie n’a guère changé depuis Aristote. Une roman comporte généralement trois parties. Pour bien commencer une histoire, il est essentiel de poser des jalons.

  • La première partie, ou exposition
  • La deuxième partie, ou développement
  • La troisième partie, ou conclusion

La première partie

Cette partie débute par l’exposition d’un protagoniste dans son quotidien, dans sa normalité, sans tension dramatique. Puis un événement (l’incident déclencheur) vient tout bouleverser et c’est le moment où l’intrigue se noue. Votre personnage peut alors se lancer dans sa quête et se transformer. C’est le début de…

… la deuxième partie

C’est la plus longue. Votre protagoniste va subir une succession d’épreuves qui doivent le mener vers un point où tout semble désespéré, où les forces antagonistes sont trop fortes, ce qui provoquera son abandon temporaire. Mais un espoir résiduel nous mène vers …

… la troisième partie

C’est le temps de la fin, quand votre protagoniste va se relever et se confronter lors du climax à son opposant (ou « méchant de l’histoire »), ce qui conduira votre histoire vers son dénouement.

Une fois votre structure posée, avec vos personnages, il vous reste à effectuer les recherches indispensables

Les recherches en cours et celles à effectuer

Pour un premier roman, il peut être intéressant de situer votre intrigue dans un environnement connu, afin de simplifier les recherches. Vous êtes boulanger de profession et vous vous voudriez écrire de la SF? Pourquoi ne pas parler d’un boulanger dans une navette spatiale ou sur une autre planète?

Pour des recherches plus poussées, réservez-vous une bonne heure pour lister les recherches à effectuer puis n’hésitez pas à consulter:

  • Des spécialistes : vous seriez surpris de voir comme les gens raffolent de parler de leur métier, qu’ils soient pompiers, médecins ou gardes-forestiers. N’hésitez pas à les solliciter pour bien préparer votre histoire.
  • Des livres: inutile de tout lire cependant, parcourez la table des matières et allez là où l’info est pertinente pour votre projet.
  • Des DVD: vous aimeriez tout savoir sur la guerre du Vietnam? Il existe de très bons documentaires, disponibles également en bibliothèque.
  • Internet:alors là, le choix est vaste, et si en plus vous lisez l’anglais, le web vous fournira des tonnes de données. Attention à ne pas y passer huit heures par jour non plus!
  • Des forums et des groupes facebook:pour poser vos questions sur un point épineux, il y aura sûrement quelqu’un pour vous répondre.

A présent vous êtes mûr pour…

Une ébauche (rédigée) de ce que sera votre climax

L’idée, c’est d’écrire à l’envers. Vous pensiez qu’il fallait écrire les scènes de votre histoire dans l’ordre? Eh bien permettez-moi de vous détromper!

Vous devriez rédiger votre première scène APRÈS avoir rédigé votre scène finale! Je m’explique: toute votre histoire doit converger vers cette fameuse scène finale (ou climax). Cette scène, c’est le moment de vérité. Le moment où votre homme politique qui craint les discours va monter au pupitre et enfin parler. Le moment où votre héroïne de roman sentimental va enfin s’engager dans une vraie relation avec l’homme qui cherche à la séduire et qu’elle a toujours repoussé.

Avec en tête votre dénouement bien couché sur le papier, il ne reste plus qu’à écrire les scènes qui y mènent pour bien préparer votre histoire. De cette façon, vous ne dévierez pas, vous ne partiez pas dans tous les sens.

Quant à votre première scène, c’est la plus importante, celle que votre lecteur lira en premier. Il faut la soigner, et cela devient plus simple si vous avez déjà tout rédigé.

Esquisser les scènes

Il est des auteurs qui sont capables d’esquisser toutes les scènes de leur livre avant même d’écrire une seule ligne. Je ne suis pas ceux-là, c’est pourquoi je rédige d’abord un synopsis.

Rédigez un synopsis de quelques pages où figureront vos grandes articulations (voir plus haut, à la section « La structure de votre histoire »), puis vous pourrez dégager des scènes.

Une scène est la plus petite structure dramatique de votre histoire. Elle doit comporter une unité de lieu, de temps, et d’action.

Il est tout à fait possible de dégager les dix à quinze premières scènes de son histoire uniquement, et de les écrire avant d’ébaucher la suite.

Voilà, j’espère que ces quelques éléments vous permettront de sortir de la confusion qui saisit tout artiste à chaque nouvelle création.

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juin 24

Cet homme est un psychopathe! Créer un « méchant » crédible

Image par ErikaWittlieb de Pixabay

En tant qu’auteure, je suis fascinée par la psychologie, et en particulier par toutes ces petites et grosses déviances qui permettent d’enrichir la personnalité d’un personnage. S’il est assez facile de dresser le portrait du « méchant » dans une histoire, rien de bon ne peut sortir sans un minimum de recherche qui permet au personnage de « sonner juste ».

Pour mon dernier roman (bientôt disponible, inscrivez-vous à la newsletter pour connaître la date officielle de parution et obtenir une nouvelle gratuite), je me suis donc penchée sur ces individus qualifiés de « psychopathes ». Qu’est-ce qu’un psychopathe? Quels sont ses traits de caractère?

Psychoptahie: définition

Psychopathe, sociopathe, tueur en série, les termes ne manquent pas pour qualifier une personnalité plus ou moins perçue comme dangereuse. Pourtant, le terme revêt une signification bien précise, loin des films et des clichés.

Le psychopathe est une personne qui tranche par son comportement en apparence normal et sa remarquable capacité à n’éprouver aucune empathie, amour, culpabilité et sensibilité. Guidé par son seul plaisir, le psychopathe  a du mal à tisser des liens sociaux.

Les 5 signes qui permettent de repérer un psychopathe

  • Le psychopathe ne fait preuve d’aucune empathie et se montre et indifférent à la souffrance des autres, insensible.
  • Le psychopathe est narcissique et égocentrique. Le monde tourne autour de sa personne et il s’imagine et se considère plus intelligent que les autres. Il surestime ses capacités. Il est peu fiable et indifférent à l’opinion des autres, les rabaisse et les humilie. Il manipule et trompe l’autre sans aucun état d’âme.
  • D’un calme olympien, le psychopathe gère les situations stressantes avec décontraction et froideur.
     
  • Sûr de son charme, le psychopathe est le type même du séducteur et du beau parleur.
     

Dénué d’empathie, il n’éprouve aucun remords ni regret pour ses crimes ou pour la souffrance qu’il inflige aux autres.

Créer un « méchant » crédible

Voici quelques pistes pour créer un antagoniste psychopathe mémorable dans une oeuvre de fiction

  • Pensez aux personnes de votre entourage, et examinez ses défauts. Pouvez-vous accentuer son côté malsain et/ou vilain et l’imaginer dans votre fiction? Comment réagit-elle en gardant à l’esprit les points vus plus hauts?
  • Imaginez une scène du passé de votre personnage. Essayez de penser à son enfance, puis à son adolescence. Y a-t-il un événement terrible qui a représenté un tournant dans sa vie et modifié sa personnalité en profondeur?
  • Personne n’est ni tout blanc ni tout noir, même les psychopathes! Essayez de nuancer votre personnage. Quels sont ses bons côtés?

1-  Cernez votre type d’antagoniste : une personne ordinaire, une célébrité, un criminel notoire ? Examinez ses échecs  et ses faiblesses. Quel mal a-t-il fait ?

2- Etudiez le caractère de vos connaissances, en particulier leurs mauvais côtés. Quelles personnes seraient-elles si leurs faiblesses étaient exagérées et plus fortes que leurs traits positifs ?

3- Approfondissez le passé de votre vilain. Quels évènements terribles a-t-il subis et provoqués ? Certains antagonistes sont de simples fauteurs de troubles, d’autres sont des psychopathes. A quel niveau se situe le vôtre ?

4- Identifiez la source de ses actes : pourquoi en est-il arrivé là ?

5- Entretenez le suspense sur ses actes et sa possible évolution : la gestion des limites d’un personnage est toujours captivante pour le lecteur !

6- Nuancez le caractère de votre antagoniste : les vilains les plus intéressants sont les plus complexes. Une personnalité ambiguë ajoute de la profondeur et du réalisme. Réfléchissez donc à ses bons côtés.

7- Donnez-lui une voix et un physique distincts : travaillez précisément les dialogues pour faire mieux connaître cet antagoniste. Ses manières, son apparence et sa façon de parler sont autant d’éléments importants pour lui donner vie.

8- Examinez les différentes sources d’inspiration possibles, telles les antagonistes des films et des livres. Soyez critique envers elles, votre jugement sur votre création n’en sera que plus approfondi.]

juin 1

Comment créer de très bons personnages grâce aux contrastes

Cette image est inspirante, n’est-ce pas? Pas seulement parce que je trouve cette femme et cette photo magnifiques, mais aussi parce qu’en tant qu’auteure, elle me fait penser à un éventuel futur personnage pour une histoire.

Du moins, c’est ainsi que j’aurais procédé par le passé: contempler cette photo et essayer d’imaginer la vie de cette femme, son passé et son présent, son métier, sa personnalité, sa condition, des bribes de son passé.

C’est un bon début.

Mais aujourd’hui, j’ai envie de créer des personnages en suivant une autre approche, une approche un peu éloignée de ma zone de confort littéraire.

Mes types de personnages préférés

Dans Au-delà de l’Horizon, j’ai voulu partir en exploration des différences. Différences de nationalités, différences entre espèces, différences entre les siècles. Mes figures féminines étaient du genre courageuses, vindicatives parfois, belles et audacieuses. Mes personnages masculins étaient plus torturés, souvent introvertis, timides, avec plus de difficultés d’adaptation.

Dans mon recueil de nouvelles, j’ai voulu mettre en lumière des personnages qui illustrent des thématiques variées, telles que la jalousie, l’indépendance, l’anticonformisme, l’intelligence poussée.

Comment j’envisage la suite

Aujourd’hui, j’aimerais mettre en scène dans mon prochain livre des personnages plus complexes, parfois pathologiques dans leurs relations, que ce soit entre eux, envers le sexe opposé ou envers leurs enfants. J’ai donc cherché à complexifier les relations pour que ça fonctionne. A dérouler le fil de leur psychisme. A aller à la pêche aux idées. Mais surtout, à chercher en moi et en observant les autres, ce qui me met en colère, m’attendrit et me révolte. Cette façon de faire m’a paru plus crédible, plus juste émotionnellement que de griffonner des pages et des pages de biographies de personnages. Mais ce qui m’a le plus apporté et qui a nourri mon écriture comme jamais auparavant, ce fut de créer du contraste.

Une autre voie

Là où c’est devenu très intéressant, c’est quand j’ai commencé à raisonner en termes de « duos ». Il y a dans chaque roman, dans chaque oeuvre littéraire, des personnages qui fonctionnent par « paires ». Et là, je ne parle pas que des couples (bien que les couples entrent dans cette catégorie), mais bien de tout type de relations, qu’il s’agisse d’amitiés, de relations parents-enfants, de protagoniste vs antagoniste, de partenariats professionnels et autres.

Mon but: créer du contraste entre la personnalité de chacun de ces duos. Pour parler clairement et donner quelques exemples: il est manuel/ elle est intellectuelle; il adore les enfants/ il les déteste; elle est dépensière, il est économe; elle aime danser, il préfère le ciné; il est confiant, elle est pessimiste.

A partir de là, créer du conflit devient beaucoup plus facile! Car sans conflit, pas de bonne histoire. Ça peut paraître simpliste comme procédé, mais c’est très efficace! Les caractères opposés s’attirent et un fort contraste crée une très forte dynamique relationnelle.

Comment créer du contraste

Quels éléments faut-il contraster pour obtenir du conflit?

Alors là, vous avez le choix. Vous pouvez prendre quelques-uns des éléments ci-dessous, mais plus vous les cumulerez, plus vos personnages et vos sources de conflits seront riches. Voici ces éléments :

  • La personnalité et le type psychologique: introversion/extraversion; intuition/réflexion; esprit d’analyse/esprit de synthèse, etc.
  • Les ambitions
  • Les motivations
  • Le bagage culturel
  • La classe sociale
  • Les désirs
  • Les buts
  • Les valeurs
  • Les attitudes

Créer des personnages à partir de ces oppositions m’a permis de conscientiser mon écriture, qui est devenue plus cohérente par la même occasion.

Et comme je vous l’affirmais plus haut, pouvez appliquer ce processus à tout type de relations.

Cette méthode fonctionne particulièrement bien lorsque vous créez une série. Une série littéraire repose en premier lieu sur les relations entre les personnages. Faire rebondir ces relations sans cesse, d’un épisode à un autre est la clé pour que la série fonctionne. Introduire de nouveaux personnages à chaque épisode (bien qu’il puisse y en avoir de temps en temps tout de même), n’est pas une bonne idée. En revanche, introduire les mêmes personnages, les rendre suffisamment riches, créera à coup sûr du rebond et des péripéties. D’où l’intérêt de bien les caractériser.

Et vous, quels genres de personnages aimez-vous croiser dans vos lectures? Si vous êtes auteur, avez-vous déjà utilisé la méthode du contraste?

décembre 3

L’antiplanning pour doper votre productivité

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Bonjour à tous !

Je vous avais communiqué dans le précédent billet une méthode pour écrire en-dehors de chez soi. J’espère que ce billet vous aura aidé quelque peu… N’hésitez pas à livrer vos commentaires, vos expériences, c’est comme cela qu’on avance.

Bref, aujourd’hui, je reviens sur cette idée de productivité, tant elle est essentielle à l’auteur, et je pense que vous serez d’accord avec moi.

Alors j’ai tenté une petite expérience. Il y a quelques années, je suis tombée sur un livre pratique dont le sujet était la procrastination. Le livre m’a intéressée, car la procrastination… en tant qu’écrivain… comment dire? ÇA ME PARLE!

L’auteur proposait différentes techniques, dont l’une, surnommée si justement « l’antiplanning ».

Qu’est-ce que c’est que ça, l’antiplanning?

Il s’agit tout simplement de noter sur un agenda les plages de temps consacrées à un objectif (en l’occurrence l’objectif procrastiné) APRÈS avoir travaillé dessus et non AVANT.

En pratique, il s’agit de bloquer et de noircir dans son agenda les activités habituelles, obligatoires (et non procrastinées habituellement) telles le temps de sommeil, le travail ou les heures de cours pour les étudiants, les rendez-vous, le temps consacré aux courses et aux repas, etc.

Et c’est là que ça devient intéressant: l’auteur préconise de réserver le temps qui reste, qu’il s’agisse de petites plages de quelques minutes à de plus grandes amplitudes horaires au PROJET. Et de noter, avec une couleur différente, le temps consacré chaque semaine à ce projet.

Explications pratiques

Imaginez que votre projet soit de ranger le garage, tâche que vous procrastinez depuis des lustres. Avec la technique de l’antiplanning, vous remarquez que le vendredi vous rentrez du travail une heure plus tôt. C’est une heure que vous pouvez consacrer à votre rangement du garage. Votre rendez-vous chez le dentiste est annulé? Encore trois quarts d’heure de disponible. La technique est simple, et petits bouts par petits bouts, vous achèverez votre tâche sans être submergé. Vous coupez court à la paralysie générale. A la fin de la semaine, votre planning est rempli… à l’envers! Mais ça peut fonctionner pour vous!

Et pour l’écriture, alors, comment faire ?

J’ai pratiqué cette technique les fois où j’avais plein de choses à faire qui me détournaient de l’écriture. Le plus souvent, je m’y consacre pendant plusieurs heures d’affilée, le plus souvent le matin. Mais parfois, le temps me manque parce que j’ai d’autres contraintes. Alors c’est le moment pour moi d’utiliser la technique de l’antiplanning.

Je commence ma première « tranche » de temps libre par établir une todolist se rapportant à la tâche en cours. Si je travaille sur un texte, il peut s’agir de trouver une idée, de faire des recherches, d’écrire le premier jet, de construire des fiches personnages.

Je profite ensuite de mes déplacements en ville pour lier mes tâches au contexte. Un rendez-vous avec un ami qui veut me voir en urgence? Je profite du trajet non prévu dans mon planning pour réfléchir à mes personnages. (en plus ça tombe très bien, les transports en commun sont parfaits pour observer les gens et trouver des idées de personnages. Je note tout dans un petit carnet pour plus tard.) Le rendez-vous arrive, et je me trouve à côté d’une bibliothèque? Je consulte ma liste: c’est parfait, j’ai des recherches à faire sur les pépiniéristes forestiers (une recherche que j’ai réeellement faite, pour mon projet en cours…!)

Je veille donc toujours à avoir ma liste avec moi et de quoi noter. Je recopie mes notes sur mon ordinateur plus tard.

Voilà comment je procède. Il y a maintes occasions de travailler de la sorte: le soir devant les pubs à la télé, le weekend, et même en faisant la cuisine ! (des plages de 5 minutes par-ci par-là sont idéales pour réfléchir à l’univers d’une l’histoire, aux intéractions possibles entre les personnages).

Alors, prêts à tenter l’expérience?

novembre 18

Cafés, mansardes, et autres lieux de débauche artistique

Le café, nectar d’inspiration pour écrivain

Je dois vous faire une confidence: j’aime le café. Mais ce dont je raffole plus que tout, c’est écrire dans les cafés. Parce que ça FONCTIONNE pour moi.

Je ne prétends pas avoir la science de l’inspiration, mais une chose est sûre, j’ai un peu d’expérience en matière d’écriture, et j’observe que pour bon nombre de mes amis/ confrères/ consoeurs en écriture, il y a des choses qui fonctionnent mieux que d’autres. Et mieux pour certains que pour d’autres.

Car il appartient à chacun de bien se connaître, et le « cognosce te ipsum » (connais-toi toi-même), gravé sur le fronton du Temple de Delphes, se révèle crucial lorsqu’on aspire, en tant qu’écrivain livré à lui-même, à une certaine productivité. Voici donc un petit florilège de lieux où vous pourriez vous épanouir artistiquement, comme j’ai pu en faire l’expérience, et comment je procède. En espérant que cela vous donnera quelques pistes de réflexion…

Les cafés, un lieu d’écriture privilégié pour allergiques au papier-peint

Les cafés, donc. Je m’y rends très souvent. Pour l’ambiance. Pour ne pas être chez moi avec un mur au papier-peint grisâtre pour seul horizon. Parce qu’il y a d’autres gens qui s’y trouvent, qui parlent et génèrent un brouhaha discret, mais surtout qui ne s’adressent pas à moi directement. L’équipement nécessaire se résume à:

  • Un ordinateur (avec batterie chargée si possible, mais il y a moyen de s’arranger, continuez à lire)
  • Des logiciels en ligne pour le travail d’écriture proprement dit (Antidote contient tout cela)
  • Un casque (au cas où vous croiseriez une famille nombreuse, ça arrive depuis que les cafés sont non-fumeurs) et une application de musique (je vous conseille Spotify, avec la playlist « Concentration maximum »)
  • Une prise multiple. Ah, ça je parie que vous n’y auriez pas pensé? Tous les cafés possèdent des prises, mais avec l’explosion des écrivains/ blogueurs/free-lance qui se lancent, c’est la guerre de l’énergie. Avec une prise multiple dans votre cartable, le courant passera mieux et vous vous ferez peut-être même des amis.
  • Et, pourquoi pas, un antivol pour votre ordinateur, pratique pour les pauses-pipi (personnellement je n’ai jamais essayé, je n’en ai même jamais vu, sauf dans les rayons des grandes enseignes informatiques. Mais qui sait, vous pourriez peut-être lancer la mode?).
  • Quelques pièces de monnaie pour le nectar qui vous insufflera l’inspiration nécessaire. Le café, bien sûr, mais après ça dépend de votre profil psychologique. Gardez cependant à l’esprit que vous devez le garder (votre esprit). On est là pour bosser, au final, tout de même!
  • Enfin, si vous avez la chance de vivre dans une ville (pour les autres, continuez à lire), sachez que plein d’enseignes proposent des boissons et autres en-cas à déguster pour un prix modique et qu’en plus vous pourrez faire du « camping ». On assiste à un nouvel ordre mondial des écrivains, avec l’émergence de franchises dans le genre Exki, Prêt-à-Manger, Starbucks, etc.

Mais Alex, j’habite à la campagne, c’est encore en zone blanche et on achète encore le pain à la camionnette qui passe le matin! Y a pas un rade à des kilomèèèèèètres!

Petit guide de survie dans un monde déconnecté

Je comprends. Et je dirais que vous avez de la CHANCE! Restez avec moi.

Il m’arrive aussi de partir dans certaines contrées où le wifi ne passe pas entre le salon et la cuisine. Une fois, chez mes parents qui ont une grande maison à la campagne, j’ai utilisé un podomètre pour mesurer combien de pas je faisais en une journée sans sortir de la maison. Le nombre de pas, je n’en ai pas souvenir. Mais j’avais tout de même parcouru 1,7 kilomètres ! Et sans mettre le nez dehors !

Bref, s’agissant d’écriture, un petit coin de verdure peut se révéler idyllique! Imaginez, un petit paradis sans Internet, sans notifications, sans réseau. De quoi se concentrer un maximum sans risquer d’être dérangé! (sauf par le chant du coq, mais laissons les animaux en paix, on s’y fait très bien).

Voici comment je travaille à la campagne

Je réécris sur papier. Cela suppose donc d’avoir un premier jet préalablement IMPRIMÉ, que j’emporte et sur lequel je vais redécouvrir mon texte comme si c’était la première fois. Armée d’un stylo rouge, je note tous les dysfonctionnements (cf l’article Premier jet, et ensuite?)

En parallèle, j’utilise un logiciel de prise de notes (comme Evernote, mon préféré), et j’y inscris toutes les tâches à accomplir pour retravailler mon texte, quand j’aurai de nouveau accès à Internet. Je m’arrange pour que chaque tâche ne prenne pas plus de 15 minutes ou 30 minutes. Il peut s’agir de points de recherches à faire ou à préciser, d’incohérences à revoir, de descriptions à enrichir, de vérifications en termes de chronologie de l’histoire, etc. L’idée, c’est qu’en rentrant chez moi, j’aie une liste de choses à revoir très précises que je pourrais caser par quarts d’heures ou demi-heures dans mon emploi du temps. C’est du temps « volé » qui peut s’ajouter à d’autres tâches. (Comme les pauses pub à la télé)

D’autres systèmes pour augmenter votre productivité

D’autres systèmes me réussissent à la campagne: je veux parler du travail en mode « journaliste » que vous pouvez découvrir dans le livre Deep Work de Cal Newport. Il s’agit de profiter de chaque moment de temps libre pour se plonger dans le travail. Personnellement, je ne suis pas une adepte du sacro-saint « apéro » (sauf s’il y a du café, mais ça passe mal en général), alors je laisse les invités profiter de ce moment pour aller écrire. Ce qui donne trente minutes à une heure d’écriture deux fois par jour. Ce qui est immense en matière de productivité! Vous ne me croyez pas? Essayez donc sur un weekend de trois jours et racontez-moi votre expérience dans les commentaires !

Et ça, c’est sans parler de la sieste des petits (et des grands, il faut bien l’avouer). Je déteste la sieste. Même toute gamine je n’ai jamais pu dormir l’après-midi. Encore du temps pour écrire !

Voilà, vous saisissez l’idée.

On peut aller encore plus loin en attribuant des tâches en fonction du lieu. pas d’Internet dans votre chambre? Reprenez le point 1 et une fois ce travail achevé, changez de coin pour vous rapprocher du wifi. A vous les recherches et le travail sur votre liste de tâches! (ça marche très bien pendant un film ennuyeux en famille ou entre amis, avec l’ordi sur les genoux.) Quoi? vous préférez la console de jeux? Vous êtes écrivain, oui ou non? Alors au travail!

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novembre 5

Premier jet, et ensuite?

Je le soupèse, je le tâte, j’en éprouve l’épaisseur. Le premier jet est là, bien tangible dans sa version papier.

J’ai passé des mois sur ce premier jet et je mesure combien il me reste de chemin à parcourir avant d’en faire une oeuvre la plus aboutie possible.

Mais le moment n’est pas encore venu.

D’abord, il me faut remiser le manuscrit dans un tiroir. Pour quelques semaines. Des semaines qui seront consacrées à un autre projet.

Puis, vient le temps de la relecture. Armée d’un stylo rouge (et d’un chaudron de café), je m’assois devant le tas de feuilles et je redécouvre mon texte comme si c’était la première fois. A chaque instant, je m’efforce de me mettre à la place du lecteur. Je traque à la loupe toutes les incohérences: dramatiques, thématiques, chronologiques. Je relis mes fiches: mes personnages sont-ils en accord avec leur caractérisation? Sont-ils assez fouillés? L’opposition entre le protagoniste et l’antagoniste est-elle bien marquée? En ai-je assez « fait baver » à mon héros?

Je me penche ensuite sur les grandes articulations du texte: l’acte un, l’acte deux, l’acte trois, le midpoint, le début et la fin. Est-ce que j’ai pris le temps de laisser les choses évoluer? Ai-je pris des raccourcis? Ai-je besoin de faire de nouvelles recherches pour caractériser mon univers et enrichir mes descriptions?

Ensuite, je passe chaque scène à la loupe: toutes les scènes sont-elles bien nécessaires? Puis-je en enlever certaines sans nuire à la compréhension du texte (sous peine d’ennuyer mon lecteur)? Les enjeux de l’histoire sont-ils bien illustrés dans chaque scène? Chaque scène fait-elle progresser mon intrigue? Qu’en est-il du rythme? Est-ce que les émotions des personnages sont contrastées et compréhensibles?

Je veille également à susciter l’émotion du lecteur avec une écriture sensorielle et riche, ainsi que des enjeux forts. Mon personnage principal doit avoir quelque chose à perdre s’il ne va pas au bout de sa quête. Et les intrigues secondaires doivent contribuer à donner du sens à l’ensemble.

A ce niveau de relecture, je travaille sur le symbolisme, qui me permet de donner de la profondeur au texte, ainsi que sur mes décors et les objets. Le premier jet est souvent très cliché. La réécriture permet d’aller du général au particulier. Une « couverture grise » devient un « jeté de lit fausse fourrure ». J’aime cette partie du travail, c’est celle qui permet d’insuffler de l’âme aux mots, d’introduire mon univers d’auteur dans le texte.

Enfin, le travail stylistique peut intervenir à ce niveau de relecture. Je vérifie que le style est fluide, je remplace des mots et de verbes trop génériques (comme « être », « avoir », « faire ») par des termes plus appropriés et plus riches. J’élague, je raccourcis, je peaufine. Je vérifie les verbes de dialogue et les remplace également par des termes plus nuancés.

Enfin, il me reste le travail de mise en page et de typographie. J’utilise le logiciel Antidote pour m’aider.

En tout, il m’aura fallu de dix à quinze réécritures pour considérer que j’ai fait mon boulot d’écrivain…

septembre 30

Ecrivez, encore, et encore, et…

J’ai relu dernièrement certains de mes premiers textes, et je dois bien me rendre à l’évidence, ils n’étaient vraiment pas terribles… Ils sont sûrement encore loin d’être parfaits aujourd’hui (je n’ai pas cette prétention), mais je mesure tout de même les progrès accomplis.

En vérité, il est toujours possible d’améliorer ses oeuvres. Encore et encore et… la vérité c’est que la perfection n’est pas de ce monde. Je préfère largement produire de nombreux textes imparfaits qu’un seul sur lequel je vais trimer pendant des années. Pas par négligence, superficialité ou par manque de rigueur. Je suis juste persuadée que c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Que la vie est trop courte pour réserver des mois et des années à un seul projet alors que les idées d’histoires se bousculent dans ma tête pour en sortir et s’ancrer (s' »encrer »?) dans le monde réel.

Pas forcément dans l’optique d’être publiées. Il paraît que Jean-Louis Murat, dans le registre de la chanson, s’astreint à trois heures d’écriture quotidienne, pour au final ne sortir qu’un album par an (ce qui n’est pas si mal tout de même pour un musicien!)

Amélie Nothomb, quant à elle, écrit trois romans par an et n’en publie qu’un. Voici ce qu’elle confiait à un journaliste en 2017, à la sortie de son roman Riquet à la houppe: « Oui, c’est vrai, j’écris trois romans par an et je les conserve tous. Je n’écris pas pour être publiée, j’écris chaque jour parce que pour moi, c’est ma plus haute nécessité, c’est indispensable à ma journée. J’écris sans savoir pourquoi, ce que je sais c’est que c’est un désastre si je n’écris pas chaque jour. »

Vous brûlez d’envie d’écrire? Alors écrivez! Que vous soyez un débutant ou un écrivain aguerri, cessez d’écouter votre esprit critique qui vous harcèle et vous fait croire que « vous n’êtes pas assez bon », que « personne ne vous lira », ou encore que « tante Jasmine va se reconnaître dans la vieille fille avec des taches d’oeuf dur sur le vieux tee-shirt qui lui sert de pyjama ».

Il en sortira toujours quelque chose. Quelque chose qui vous fera progresser. On peut apprendre beaucoup d’un mauvais texte. En revanche, on ne peut rien apprendre … de rien.

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mai 27

Comment je trouve mes idées de nouvelles et de romans (partie 1)

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Ah l’inspiration! Que d’encre versée pour tenter d’en percer les mystères! Que d’heures passées devant son écran à fixer le curseur de son traitement de texte pour laisser venir ou forcer l’IDEE à émerger!

Ces procédés m’ont toujours parus bien romantiques… et laissée sur ma faim ou, à tout le moins, avec une impression d’indignité et d »incapacité. Quoi, la GRANDE idée ne vient pas me visiter aujourd’hui? J’ai pourtant taquiné la Muse à grands renforts d’assiduité, d’abnégation et de travail…

En vérité, tout cela n’est, à mon sens, que du vent. Les idées abondent. Tiens, rien que dans mon magazine de ce mois-ci, je pourrais dénicher une vingtaine d’idées de fiction. C’est d’ailleurs comme cela que fonctionnent les ateliers d’écriture. On part d’une image, d’un tableau, d’une phrase, de mots, et l’on se donne des contraintes créatives. Du genre: écrivez un texte dans lequel la lettre « e » sera absente. Vous le connaissez peut-être ce texte, il s’agit de La Disparition de Georges Perec. 300 pages qui ne contiennent pas une seule fois la lettre la plus utilisée de la langue française.

Mais comment faire émerger les idées quand on est tout seul, devant son clavier, et qu’on ne dispose que de quelques minutes par jour pour se consacrer à son art? Et sur commande vu que la famille va bientôt se réveiller/ rentrer/ réclamer son dîner/ demander qu’on l’accompagne au cours de judo? Faut-il louer une maison d’écrivain à Noirmoutier et taquiner la Muse en grelottant sous un châle et en buvant de la soupe?

Restez avec moi, je vais vous déstresser… et vous confier, à la fin de cet article, ma méthode favorite pour faire émerger une idée en deux temps trois mouvements.

Vous n’aurez pas besoin d’aller à Noirmoutier.

Ni d’abandonner votre famille et vos amis (pas avant, du moins de tirer de votre art des revenus substantiels).

Selon mon expérience, il y a quelques primordiaux pour trouver votre idée.

Moyen n°1 : partir du personnage

Partir du personnage principal pour trouver des idées de fiction

Avec cette technique tout n’est question que de savoir poser des questions.

Vous pouvez avoir avoir envie de partir d’un personnage qui vous a interpelé. Une femme dans le bus qui tient une orchidée à la main, un homme avec un violon perdu à minuit dans la gare de Nantes, un voisin mystérieux que vous entendez toute la soirée parce qu’il est bruyant mais que vous n’avez jamais croisé ni vu de votre vie.

Pour partir d’un personnage, songez aussi à vos propres souvenirs. Pensez à vos vacances d’adolescent(e). Où étiez-vous, l’année de vos 16 ans? Qui avez-vous rencontré? Y a-t-il quelqu’un qui vous plaisait et que vous n’avez pas osé aborder?

Ou encore: partez de l’âge de votre protagoniste: il a 30 ans. C’est un homme. Il est au chômage.

Posez-vous des questions qui vont lancer votre histoire et votre intrigue

Une fois cela posé, commencez à poser des séries de questions telles que:

  • Que peut-on faire quand on est [Une femme dans le bus qui tient une orchidée à la main] ou [un homme au chômage de 30 ans] ou [votre Résultat de recherche d'images pour "orchidée"personnage]

Par exemple: la femme dans le bus est en couple avec une autre femme depuis 55 ans, elles ne sont pas mariées car à l’époque le mariage homosexuel n’existait pas, mais la femme à l’orchidée décide de fêter ça comme si elles étaient mariées! Or, lorsque on a 55 ans de mariage, il s’agit des noces d’orchidées. Notre femme se rend donc chez sa compagne.

La question suivante pourrait être:

  • Qu’est-ce qui peut « bousculer l’histoire de cette femme » ou « tourner au vinaigre »?

Peut-être que sa compagne ne veut pas fêter cet anniversaire, car elle est de nature plus conservatrice et considère que seul un mariage en bonne et dûe forme entérinera leur union. Or, sa compagne ne le voit pas de cet oeil. C’est donc un point de friction très fort entre elles. Comment la compagne n°2 (la conservatrice), va-t-elle réagir? Assez mal, probablement. Il est probable qu’elle ait déjà proposé à sa compagne de se marier, mais l’autre refuse, alors qu’elle sont ensemble depuis 55 ans. Pourquoi un tel refus?

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