juillet 26

Le Principe de l’Homme des cavernes

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Savez-vous pourquoi la télévision et la radio n’ont pas tué le théâtre? Et pour quelle raison nous préférons aller à l’université plutôt que suivre des cours en ligne? Savez-vous ce qu’est le Principe de l’Homme des cavernes?

Alors que le télétravail n’a jamais été aussi populaire – actualité oblige –, nous ne sommes peut-être pas encore tout à fait prêt à laisser le tout-numérique prendre possession de notre vie!

J’aime beaucoup lire des articles scientifiques pour mes recherches. Découvrir où en est la science et ce que sera notre monde dans cinquante ou cent ans.

Je suis récemment tombée sur un texte qui explique le Principe de l’Homme des cavernes et je tenais à faire un billet de blog sur le sujet. Suivez-moi et vous saurez pourquoi le cerveau de l’homme du XXIème siècle n’a guère évolué depuis cent mille ans!

Le Principe de l’Homme des cavernes, qu’est-ce donc?

Nos ancêtres de la préhistoire, ceux dont l’apparence était semblable à la nôtre, sont apparus en Afrique il y a plus de cent mille ans. Depuis lors, les scientifiques ont établi que nos cerveaux n’ont guère évolué. Contrairement à la technologie, à la High Tech.

A l’époque de la préhistoire, nos ancêtres avaient un rapport au réel bien plus « tactile » et primitif. Quand il partait à la chasse, l’homme des cavernes pouvait constater de visu si son butin était correct ou pas. A l’époque, il n’était pas question uniquement d’en parler ou de faire appel à l’imagination.

Quand il rencontrait un problème avec quelqu’un, un bon tête-à-tête était toujours la solution.

La situation de l’homme moderne

L’homme moderne réagit de la même manière. Nous avons inventé des ordinateurs si puissants que notre simple smartphone possède une puissance informatique inégalée. Malgré tout, nous continuons d’imprimer des données pour les avoir sous les yeux, et sentir le papier sous nos doigts.

De même, aucun fichier numérique ne remplacera jamais notre groupe de musique préféré sur une vraie scène, avec les instruments, les corps en train de transpirer sous les spots et l’ambiance créée dans la salle avec les autres spectateurs.

De même, les vrais voyages ont toujours le vent en poupe alors que des photos et des DVD permettent de recréer et de visiter des lieux quasiment à l’identique.

Alors oui, avouons-le, la plupart des réunions dans le monde de l’entreprise n’ont rien de bien passionnant et pourraient se tenir à distance. Pourtant nous nous y rendons, car la confrontation physique, la rencontre avec les membres de notre équipe « en vrai », demeurent essentiel à notre cerveau pour qui le langage corporel est essentiel à la communication.

C’est cela le Principe de l’Homme des cavernes: nous pensons, ressentons et réagissons avec un cerveau primitif qui n’a pas changé depuis 100 000 ans!

Le Principe de l’Homme des cavernes, un concept vraiment intéressant à prendre en compte pour écrire de bonnes histoires de SF!

juillet 17

Que reste-t-il de Tchernobyl?

C’était il y a 33 ans. Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, a explosé.

Image par StudioKlick de Pixabay

J’étais très jeune, mais je m’en souviens encore. J’ai les images atroces encore en tête, je pense à la population de Pripyat et à ces 50 000 personnes qui vivaient à seulement trois kilomètres de la centrale et qui ont dû être évacuées, pour ne jamais retourner chez elles.

Cet épisode, j’avais envie d’en parler dans une histoire. Alors, j’ai écrit une nouvelle à chute, quelque chose qui évoque l’événement bien après la date de sa survenue.

Tchernobyl aujourd’hui

Aujourd’hui, je me demande ce qu’il reste de l’événement. Au début, les autorités n’ont pas compris l’ampleur de la catastrophe. C’est ce qui explique pourquoi il a fallu 36 heures après l’explosion pour commencer l’évacuation.

200 000 personnes au total auraient été évacuées, dans un rayon de 30 kilomètres du site.

Il va encore falloir des milliers d’années pour que la région redevienne habitable. Des éléments radioactifs ont été portés par le vent juste après l’explosion, et on a détecté du plutonium, du strontium, de l’iode et du césium jusque dans l’hémisphère nord.

Les effets sur la santé

Trois mois après l’explosion, 31 personnes sont décédées après avoir été exposées aux radiations.

Cinq ans plus tard, et sur une période de 25 ans on a rapporté 20 000 cas de thyroïde chez des jeunes de moins de 18 ans. Malgré tout, les décès par cancer n’a pas atteint le niveau craint initialement, comme le rapporte le NRC.

Des malformations congénitales ont été observées, mais sont restées modestes.

Les effets sur l’environnement

Un sarcophage en béton a été scellé autour du réacteur afin de contenir le rayonnement. L’efficacité d’une telle mesure fait débat.

La radioactivité infiltrée dans les sols et on trouve des tumeurs dans certaines plantes et champignons. Pourtant, il semblerait que la flore se soit adaptée en modifiant son ADN, pur devenir plus résistante.

la bonne nouvelle, c’est que la nature semble avoir repris ses droits malgré la radioactivité encore omniprésente sur le site de Tchernobyl: des lapins, des oiseaux, mais aussi des ours et des loups sont présents sur le territoire. Pour autant, certaine espèces présentent des anomalies et des malformations ou sont en sous-nombre par rapport à la normale.

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De nouvelles mesures

Une nouvelle arche pour contenir la radioactivité et d’une hauteur de 92 mètres a commencé à être construite en 2010, pour remplacer la première qui se fissurait. Le chantier a été retardé par manque de fonds. C’est dans ce cadre que j’ai voulu situer ma nouvelle Un Couple ukrainien, qui fait partie d’un recueil.

L’histoire de Vika, un drame familial parmi tant d’autres, situé dans un océan de souffrances humaines et environnementales.

décembre 30

Couple: les 4 signes d’infidélité qui ne trompent pas.

Image par Tatyana Kazakova de Pixabay

En faisant des recherches pour mon recueil de nouvelles « Lire et Délires », je me suis attardée sur les relations de couple. Plusieurs des nouvelles contenues dans le recueil explorent cette thématique.

Couples qui se rencontrent et s’aiment, couples en souffrance qui se trompent… A ce propos… quels sont les signes que votre moitié vous trompe? Voici un petit résumé des éléments qui m’ont permis d’inventer « Un couple normal » et d’autres histoires.

L’infidélité peut se révéler à travers de nombreux détails.

Des changements notables de l’emploi du temps

Votre moitié passe beaucoup de temps à l’extérieur. Souvent, votre conjoint(e) s’absente à heures fixes, certains jours de la semaine. Il/ Elle peut aussi partir plus tôt de son travail et/ ou rentrer plus tard.

Des changements dans le comportement sexuel

Une raréfaction des rapports sexuels avec son partenaire ou au contraire une frénésie sexuelle, par culpabilité notamment, doivent vous alerter.

Une activité électronique sous haute surveillance

Avant, son portable traînait partout. Mais depuis quelques semaines, son code PIN a changé et votre conjoint ou conjointe ne répond plus au téléphone en votre présence. De nouveaux mots de passe fleurissent un peu partout: sur l’ordinateur et son compte facebook, qu’il ou elle ne consulte que lorsque vous n’êtes pas là.

Les courriels disparaissent de l’historique, supprimés. Idem pour l’historique des appels.

Un changement dans les goûts de votre moitié

Avant, il détestait le jazz, ne jurant que par le rock. Tout d’un coup, ses goûts musicaux, ses goûts culinaires, changent. A moins qu’il se découvre une nouvelle passion comme le char à voile ou le running. Là encore, méfiance…

Voilà des signes majeurs qui doivent vous alerter. Si cet article vous a plu, vous aimerez peut-être découvrir les textes de fiction de l’auteure à cette adresse.

décembre 16

Influences

Allez, encore une page. Une dernière et je vais me coucher. Pendant que l’imprimante sort la production de la journée avec son crachotement habituel, je rédige les quelques paragraphes qui termineront en beauté cette fichue scène de mon roman.

La journée a été productive: 4000 mots rédigés, soit l’équivalent de 12 pages d’un premier jet de roman. Bien entendu, ces mots ne sont pas définitifs, mais au moins ils existent. C’est un bon début pour un écrivain.

J’ai fait mon boulot pour la journée, je suis fière et satisfaite. Je vais enfin pouvoir savourer un repos bien mérité.

Je ferme mon logiciel d’écriture et éteins mon ordinateur. Il est minuit, l’heure d’aller dormir. Je m’étire – malgré mes séances de musculation tous les muscles de mon dos sont douloureux – et me prépare une petite collation: tisane, noix, et fruit. Je l’ai bien mérité!

Un petit tour dans la salle de bain et je me glisse avec délice dans les draps frais. Je ferme les yeux, m’abandonnant à la fatigue. Mais mon cerveau encore en ébullition est totalement rétif au sommeil. J’éteins tout de même la lumière et me pelotonne sous la couette.

D’une voix qui me fait presque sursauter, il me lance:

— Franchement, ton personnage de Lucie, je te l’avais décrit autrement. Tu l’as rendu insignifiant. Comment veux-tu que tes lecteurs accrochent?

Mais c’est toi qui l’as inventé!

Puis:

— Si j’étais toi, je me calmerais sur les descriptions à la Balzac, personne n’écrit plus comme ça aujourd’hui!

Une source d’inspiration pour tous les auteurs !

Mais tu ES moi!

— La dernière scène manque de mouvement. Tu vas ennuyer le lecteur !

Je rallume la lumière. Je suis perplexe, je commence à douter. Je me lève brusquement et attrape mon exemplaire des Illusions perdues de Balzac dans ma bibliothèque. Je m’assois sur mon lit et je parcours quelques exemples de descriptions balzaciennes. Est-ce que j’écris vraiment de cette façon? En même temps, Balzac était un génie de l’écriture!

Mais pas moi. (Enfin, personne ne m’a jamais qualifiée de la sorte!)

Fébrilement, je me lève et me dirige vers mon bureau. Le petit tas de feuilles est là, bien rangé avec le reste de l’oeuvre en cours d’élaboration.

Je feuillette mes douze pages… Il y a clairement une influence balzacienne dans mes descriptions, en moins bon.

Je lis et relis les passages critiques, entourant et raturant mes feuillets.

Je rallume l’ordinateur – je ne peux pas laisser le texte en l’état – et je me remets à la tâche. J’en ai pour toute la nuit.

Est-ce pour cela que Balzac écrivait quinze heures par jour?

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octobre 21

Boire et déboirs

le verre de l’amitié!

Les quatre amis se serraient derrière le comptoir. Ils s’étaient passé le mot pour se retrouver dans ce bar de nuit. Justine avait imaginé y venir seule avec André, mais Etienne et Sofian avaient rappliqué sans crier gare. Justine était venue récupérer un objet qu’elle avait oublié le weekend précédent. Elle s’en voulait beaucoup d’être à ce point tête-en-l’air et irresponsable.

— On trinque vite fait? proposa Justine en se tournant d’abord vers Etienne. Puis elle entrechoqua son verre contre celui de Sofian. André tendit son verre de jus d’orange.

Ils avaient moins de vingt-cinq ans et se voyaient régulièrement dans ce bar d’étudiants.

— A la vôtre ! entonnèrent-ils tous en choeur.

Justine reposa son verre sur le zinc.

— On ne va pas pouvoir rester très longtemps, dit-elle. On n’est que mardi et il est déjà tard… Une fois que j’aurai parlé à Amir, qui travaille ce soir, je m’en vais. On m’a dit qu’il serait là d’ici une demi-heure.

— Bah, il n’est que huit heures expliqua Sofian le plus vieux du groupe. Il dévorait Justine des yeux et n’avait pas un regard pour les deux autres. Arrête de culpabiliser !

— Oui, mais les vacances sont terminées!

— Moi, je reprendrais bien un verre lança Sofian. Je t’en offre un, Justine. Puis, il se rattrapa et balbutia en rougissant : à vous autres aussi bien sûr! Allez ! tournée générale!

Ils burent en silence et papotèrent tranquillement, quand un homme entra. Il portait un équipement de motard, un casque pendait à son bras.

— Amir! s’exclama Justine.

Amir ôta ses gants de cuir et serra la main de chacun des amis.

—Est-ce que par hasard, demanda Justine, tu n’aurais pas retrouvé le doudou de mon fils? Il l’a oublié la dernière fois qu’on est venu!

—Le petit lapin en peluche? Oui, je l’ai trouvé sous une banquette, je vais te le chercher.

Le serveur revint quelques minutes plus tard et tendit le doudou à André.

Le petit garçon serra la peluche contre son torse.

— On va se coucher, maintenant, maman?

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septembre 9

Suivre les papillons

L’appel de la forêt…

Le chien, le museau en l’air, suit le papillon. Il fait frais sous le couvert des arbres. Quelle bonne idée de se rendre en forêt!

Nous sommes trois à suivre le sentier : un invité et sa copine, que je ne connaissais pas. Ils ont voulu « aller ramasser des trucs en forêt ». (Le chien m’appartient, mais il refuse de m’obéir tant sa poursuite du lépidoptère le fascine).

Nous voilà donc partis en file indienne dans des bois denses et un rien sauvages. Nous serpentons dans un ordre tacitement défini, c’est-à-dire avec ma personne en tête: je suis censée connaître cette forêt comme ma poche.

Nous progressons ainsi pendant presque une heure. Soudain, je ne retrouve plus le sentier qui me servait de repère. Il s’est transformé en zone d’exploitation pour de jeunes arbres.

— Hercule, au pied!

Mon chien me regarde comme si je le menaçais de lui donner la ration du hamster en guise de pâtée. (Ces deux-là n’ont jamais pu s’entendre).

Les papillons se pressent autour de nous, évitant néanmoins le chien qu’ils devinent habité d’intentions malhonnêtes.

— Heu, tu es sûre que c’est par là? demande André, dont les poils sur ses bras se hérissent.

Le froid? La peur?

Je fronce les sourcils.

— Il me semblait bien que c’était par là… il faut faire demi-tour.

Par réflexe, je consulte mon téléphone portable. Pas de réseau. Presque plus de batterie. D’accord.

Nous marchons encore pendant plus d’une heure, quand soudain Hercule aboie et se précipite droit devant.

— Il a dû sentir encore des papillons! s’exclame André. Je ne crois pas que ça va faire avancer nos affaires…

— Moi, je pense qu’on devrait le suivre, intervins-je. Le mieux, c’est d’aller tout droit. Toujours tout droit. On va bien finir par tomber sur quelque chose!

Enfin, nous arrivons à la lisière du bois, là où la réapparition du bitume revêt une signification extrêmement gratifiante: nous ne nous sommes pas perdus, j’ai réussi à mener ma petite troupe à bon port. Quelle frayeur!

— C’est quoi cette odeur? demande Romane, une fois dans la voiture.

Je me penche en avant, côté siège passager. Un sac en plastique que j’avais oublié là semble animé de vie.

— La vache! c’est un sac de croquettes pour hamster périmées. J’ai oublié de le jeter! Ouvre-le, pour voir, André.

André soupire et se penche, pas très rassuré. Il dénoue délicatement les lanière en plastique. Une nuée de papillons colorés émerge du sac et s’échappe par les fenêtres ouvertes.

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août 24

Par la fenêtre

Une fenêtre, c’est toujours un émerveillement !

C’est l’après-midi. Un après-midi terne d’un dimanche ennuyeux. Je m’étire et me grandis, mais je me sens à l’étroit chez moi, quoi que je fasse. Mon regard dévie vers la fenêtre. Cela me rappelle ce tableau de Salvador Dali, la Jeune fille à la fenêtre. Mais point de mer ici, juste la ville qui arbore sa tenue d’été finissant : trottoirs déserts, arbres gonflés de feuilles, musique hip-hop d’une bande de jeunes qui s’amusent comme ils peuvent.

On ne peut pas dire qu’il fasse chaud, juste un peu lourd. J’ouvre la fenêtre. Un moineau, dérangé, s’envole en piaillant. Au bout de son bec pend un ver de terre. En bas, une petite mamie avec son corgi attend le bus. L’animal dans un sac sort son museau de renard, la gueule ouverte et la langue pendante. Une moto passe sous ma fenêtre. Ses pétarades dérangent comme si c’était la nuit.

Tout à coup, la rue se tait, se tient coite. La ville prépare un mauvais coup, comme un enfant de quatre ans laissé seul dans une grande maison. Un effluve de kérosène s’élève du sol. Les nuages resserrent les rangs, prêts à parer à toute éventuelle attaque. Il ne reste qu’un seul humain dans la rue, un trentenaire fluet portant un casque audio et lancé dans une chorégraphie étrange et décalée. Il fait soudain plus sombre.

Cette journée ne finira donc jamais?

Je jette un coup d’oeil à mon téléphone: aucun message reçu, aucun appel en absence. Même pas une petite notification sur les réseaux sociaux. Le ciel s’assombrit encore quand soudain le ciel explose. Un ou deux coups de tonnerre suivis d’un déluge zébré d’éclairs sporadiques.

Puis plus rien.

Je soupire et ferme la fenêtre avant de retourner à mon fauteuil. Un dernier regard vers l’extérieur.

Tiens, un arc-en-ciel!

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juillet 15

Explorations

J’ai toujours aimé la mer, la nature, les paysages. Il est vrai que je ne pars pas beaucoup en vacances depuis quelques années, mais je m’attache à travers mon écriture à vous faire voyager, vous mes lecteurs.

L’exploration représente un de mes thèmes de prédilection. Quelle soit intérieure ou extérieure. Et la notion d’aventure suit tout naturellement cette soif de découverte. Ainsi, mon protagoniste, dans Au-delà de l’Horizon, ne se contente pas de traverser les océans, il fait également un énorme bond dans l’avenir, par la magie de la cryonisation. Je me suis attachée à créer un personnage qui a perdu presque tous ses repères, afin de mieux le faire se transformer. Repères géographiques, donc (il se réveille au Mexique, alors qu’il est français) repères temporels (le voilà projeté huit cents ans plus loin dans l’avenir), repères psychologiques (il est devenu amnésique).

Or, quoi de plus émouvant et excitant que de suivre les pas d’une personne projetée dans un monde qu’il ne connaît pas, en compagnie de gens qu’il rencontre pour la première fois, avec pour seul amarre quelques souvenirs et acquis venus de son passé? Finalement, l’écriture, la lecture et le voyage se ressemblent énormément, sans parler de la carrière d’écrivain tout entière. L’écrivain découvre une partie de son histoire dans l’acte même d’écrire, le lecteur ne sait rien de ce que le prochain mot, la prochaine phrase, le prochain paragraphe lui réservent. Le voyageur, quant à lui, découvre à livre ouvert des paysages, des civilisations, des pratiques et coutumes, des langues étrangères et la culture qu’il est venu justement chercher dans ce pays qu’il ne connaît pas.

L’aventure et l’exploration ont fait et défait des civilisations. L’écriture construit des mondes et détruit des microcosmes. Christophe Colomb, Vasco de Gama, Jacques Cartier, Magellan, tous ont eu cet appel de l’ailleurs, ce profond besoin de sortir de l’obscurantisme pour aller vers l’inconnu.

Dans l’écriture, on retrouve aussi ce besoin de repousser les frontières, on met le cap vers le Ponant de ses réflexions, on s’achemine à la rencontre de ses personnages et, plus tard, de ses lecteurs. Des recherches sont nécessaires, la plupart du temps, mais ensuite, il faut suivre sa boussole, celle qui nous dicte la bonne direction pour mener à bien son histoire à travers bien des méandres et quelques fausses routes.

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juillet 3

Changements

Je me promenais le mois dernier pour profiter de la fraîcheur du soir quand je suis tombée sur un couple en train de déposer des meubles dans la rue. Les meubles étaient vieux et cassés, et j’ai pensé à une histoire de déménagement. Changement de saison, changement d’air, changement de vie. Le changement est partout en ce moment, en particulier dans les personnages des histoires de fiction qui sont, pour les principaux, bien différents entre le début et la fin d’une histoire.

Je pense qu’une bonne histoire ne peut se passer du changement. Le changement comme moteur d’évolution. Même une fiction basée sur l’action ou la création de monde (comme dans la SF et la Fantasy), ne peut faire l’économie de personnages qui subissent une transformation.

Quand je pense à mes personnages, je n’ai pas besoin de faire quinze pages de biographie, de savoir s’ils ont été élevés au sein ou au biberon, mais je me force à trouver leurs failles, leurs ambivalences, leurs contradictions, et leurs plus grandes peurs. Leurs goûts et leurs petites manies se développeront ultérieurement, au moment du premier jet, lorsque je découvrirai « pour de vrai » mon histoire.

Après, il n’y a plus qu’à appuyer « là où ça fait mal ». Là où le lecteur va se dire « il ne s’en sortira pas vivant, il est cuit ». Pousser le personnage dans ses retranchements fait partie du côté « sadique » de l’écriture. Car comme disait Nietzsche « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts ».

Un peu comme dans la vraie vie, finalement, n’est-ce pas?

La vie qui est transformation, la vie qui, parfois, nous met la tête sous l’eau. Avec dans l’idée – spirituelle – , de nous éprouver, de nous inculquer des leçons, de nous mettre face à un gigantesque gouffre. Mais un mal nécessaire. On n’est pas là pour passer son temps affalé dans le canapé. Il fait boire la tasse avant de siroter l’hydromel.

Il est intéressant de voir comment les personnages de romans peuvent nous en apprendre sur la nature même de la vie. Finalement, il ne s’agit que de déployer ses dons et son intelligence pour éprouver cet élan que les tout jeunes enfants sentent pousser en eux lorsqu’ils grandissent et apprennent. Les bonnes histoires contiennent en germe des grandes possibilités de croissance. Je suis musicien mais j’ai peur de me produire sur scène. Je suis amnésique et je fais un bond de huit cents ans dans le futur (cf Au-delà de l’Horizon), je suis un garçon de 9 ans qui rêve d’un petit frère, mais je reste seul jusqu’au jour où… (cf ma nouvelle Un Petit frère tant attendu, vainqueur du concours de nouvelles Youboox).

Et vous, quelles sont vos plus belles expériences de transformation?

avril 1

Libertés

« Tu ne peux pas écrire dans la marge ».

C’est un vieux souvenir d’école. Peut-être même un cas d’école. Quand nos aînés nous apprenaient à grandir.

« Ah, non, le yaourt, c’est en dessert ! Mange d’abord tes carottes râpées. »

C’est un autre souvenir, une autre injonction.

Saviez-vous qu’il est interdit d’appeler un cochon Napoléon ? La loi n’a jamais été révisée, et outrepasser cette interdiction, c’est s’exposer à une amende !

Ce que j’aime dans l’écriture (et dans l’art en général), c’est la liberté qu’elle apporte. Voire la subversion.

C’est faire passer des idées, des opinions et des points de vue tranchés sur des questions délicates.

Si vous vous pointez dans un mariage et que vous déblatérez que l’amour nous enchaîne, pas sûr que ce soit apprécié. En revanche, écrire une petite nouvelle sur une nana qui préfère peindre dans sa mansarde et s’éclater avec ses amis le weekend plutôt que subir le roasbeef dominical de belle-maman, ça paraît tout de suite plus attrayant. (Même si ladite nana grelotte dans sa mansarde, avec un châle sur les épaules et une tisane en guise de dîner). Ça a un petit côté Balzac à ses débuts. Du romantisme et de l’âme à en revendre.

Enfin, ce n’est que mon opinion. On ne peut pas critiquer les choix des uns et des autres.

Je ne dis pas qu’il ne faut rien interdire. Par exemple, je trouve immondes ces messieurs qui urinent dans la rue et ces individus qui jettent des papiers par terre.

L’art a toujours frôlé la déviance, la maladie.

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« Adoptez un homard », proposait Gérard de Nerval. « Un homard n’est pas plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ». Pas très pratique pour les vacances, mais pas pire qu’un chien à faire garder… il faudra que je me renseigne.

Accomplissons un pas de plus. Quand on parle de déviance, on pense folie. Faut-il être fou pour créer ? les artistes sont-ils tous fous ? Antonin Artaud, Maupassant, Zola, tous ces grands écrivains avaient des troubles psychiatriques.

D’après une étude médicale très sérieuse, il semblerait qu’il existe un lien étroit entre la folie et l’imagination artistique. Le cerveau des artistes se trouverait en suractivité, ce qui conduirait à des troubles psychiatriques.

Bon, je suis très loin d’avoir fait le tour de la question, mais si vous voulez une chouette histoire qui illustre tout cela, je vous propose de lire ma nouvelle nouvelle disponible ICI.

Bonne lecture et à bientôt !