août 7

Naissance d’une passion

On a tous eu des rêves d’enfants. On a tous voulu être médecin, pompier, infirmière ou maîtresse d’école.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été attirée par la chose écrite. Je me suis même rendu compte que je savais lire avant d’aller à l’école. Mes parents m’avaient offert un livre pour enfant (les ouvrages destinés aux enfants étaient peu nombreux à l’époque) et je m’amusais à entourer les voyelles. C’est de cette façon que j’ai appris à déchiffrer les mots.

La lecture est devenue mon loisir préféré, et les héros de romans mes compagnons après la classe. Je lisais jusqu’à quatre romans par semaine! Je lisais tout le temps: pendant les récréations, après l’école et même durant le trajet aller et retour au collège qui me prenait bien une heure par jour (car je ne mangeais pas à la cantine).

L’année de mes douze ans, j’ai découvert les oeuvres d’Agatha Christie. Armée d’une liste de ses livres rédigée sur ma machine à écrire (un autre cadeau de mes parents), je passais commande dès que j’avais fini mes quatre livres par semaine. J’ai presque lu tous les livres de cette auteure, cette année là.

Puis les choses sérieuses ont commencé: collège, lycée, bac littéraire et fac de lettres. Bienvenue donc aux grands classiques, avec une prédilection pour les romans arthuriens, les oeuvres de Balzac, celles de Flaubert. Le Merlin de Michel Rio m’a transportée, ainsi que la plupart des romans de chevalerie. J’ai adoré le Rouge et le Noir de Stendhal, lu et relu à de nombreuses reprises (je revois encore ma version « bas de gamme » de ce livre, tout déchiré par mes nombreuses compulsations). Gérard de Nerval m’a bouleversée et la philo en terminale a été une révélation. Je remercie cette année et les professeurs formidables que j’ai eu le bonheur de connaître pour tout ce qu’elle m’ont apporté, avec également des cours de français en option en terminale, car je ne voulais pas arrêter cette discipline.

Malheureusement, et pour des raisons personnelles, j’ai dû arrêter mes études à peine commencées. C’est vers cette période que j’ai commencé à écrire. J’avoue qu’une flamme ardente de plonger à mon tour dans la chose écrite brûlait en moi depuis toujours. Sans jamais oser. Sans jamais essayer.

Mais quand on ne suit pas l’appel de son âme, on se ratatine, on s’étiole, on devient grincheux et on s’ennuie. Alors, pourquoi pas?

Image by Gerhard G. from Pixabay

Mais voyez-vous, je ne savais pas trop par quel bout prendre la chose. Alors, pour plonger sans vraiment plonger (eh oui, je suis vraiment très hésitante, il ne faut pas me brusquer), j’ai écrit … un scénario de film! Je sais, ce n’est pas exactement dans ce sens qu’on pense à des débuts d’écrivain. Avec le recul, je me dis que j’aurais dû commencer par des nouvelles. Que nenni! J’ai rédigé un scénario de film et plusieurs romans dans la foulée. Et aucune nouvelle … des éditeurs à qui j’ai envoyé mes textes.

Retour à la case départ, les années suivantes, je me suis formée, j’ai écrit plusieurs nouvelles, des textes à chute, et je me suis plongée dans les grands classiques de la science-fiction. Ça y est, me suis-je dit, j’ai trouvé mon créneau!

Pierre Bordage m’a enthousiasmée avec ses Guerriers du Silence, j’ai adoré La Compagnie des Glaces de G.J. Arnaud, pour le souffle romanesque. Et bien d’autres!

J’aime inventer des mondes, des systèmes politiques et économiques, faire réfléchir grâce à la fiction. J’adore me projeter dans ce que pourrait être notre futur (ce n’est pas pour rien que les scientifiques et politiques actuels se penchent sur les oeuvres des grands auteurs de science-fiction pour essayer de deviner l’avenir et prendre certaines mesures…)

Alors je me suis lancée avec des romans et des nouvelles et bientôt une série, Pur qui sortira en septembre, et qui est actuellement en précommande.

J’espère de tout coeur que vous-même, que vous soyez auteur, hôtesse de l’air ou cordonnier, ayez trouvé votre voie. Nous passons beaucoup de temps à travailler, autant en retirer tout le plaisir possible!

Je vous ai déniché une interview de Yasmina Khadra, qui nous parle de sa vocation d’écrivain:

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juin 22

Finir, chuter, se relever

Image par Samuel F. Johanns de Pixabay

Je l’ai fait. Pour la énième fois je serai allée au bout de mon premier jet. Les cent vingt pages de rédigées en deux semaines. Pour aller au bout, tant il est vrai que ces premières versions servent à dessiner l’architecture de l’oeuvre, à découvrir l’histoire, les personnages et l’intrigue dans le concret.

Le livre n’est plus dans ma tête. Il existe et il est la somme de ces centaines de choix, de ces multiples décisions que j’avais faites en amont, au moment de l’ébauche et de l’écriture du séquencier.

Le vide s’est installé, brutal, après ces semaines de travail acharné. Un vide intense, difficile à accepter, impossible à meubler. Quelques jours où je suis « déboussolée » (mon Nord est indiqué par mon compteur de mots et le nombre de pages rédigées). J’en profite pour voir quelques amis (un peu négligés, je l’avoue, durant cette fièvre créatrice), et plus prosaïquement, mettre de l’ordre dans ma maison et de la nourriture dans mon frigo.

Enfin, depuis quelques jours, les affaires reprennent! De nouvelles idées viennent me visiter, la Muse a jugé que j’étais de nouveau fréquentable.

Finalement, comme l’écriture, la vie est faite de pleins et de déliés.

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